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Raumordnung

Klimawandel? Klimawandel!

Par Le 06/09/2022

 

Es ist soweit... der Klimawandel ist da.

Daraus entstehen neue Faktoren für die Raumordnung.

 

Welche Folgen entstehen lokal? Was können, müssen wir unternehmen?

 

 

 

Essen + Trinken.

Par Le 16/11/2021

Essen + Trinken: Das sind die Grundlagen unseres Lebens...oder nicht? 

Gesellschaften, wenn Menschen in Gemeinschaften leben, organisieren sich um die "Grunddaseinsbedürfnisse, um die Daseinsgrundbedürfnisse...", Essen, Dach über dem Kopf, Arbeit und ... Gesundheit der Kinder.

Wie und was  Menschen essen und essen können,  wie das Essen zubereitet wird, das definiert eine Gesellschaft.

 

 

Energie? Die ERDE hat Energie.

Par Le 12/11/2021

Nachhaltige Entwicklung und Klimawandel und gleichzeitig sind wir auf der Suche nach nachhaltigen Formen der Energieproduktion.

 

Atomenergie als Lösung für die Energieprobleme der Welt?

Gibt es Alternativen? Was fehlt uns heute? Ist es die Technik? Sind es die Ideen? Ist es Energie?

 

 

 

 

 

 

 

Dominique : « Si le noyau de la Terre est plus chaud que le soleil, pourquoi la terre ne brûle pas ? »

Schéma des couches terrestres. CharlesC / Wikipedia, CC BY-SA

Yaël Nazé, Université de Liège

Le cœur de la Terre est chaud, très chaud : environ 5400 °C. Cette température est proche de celle qu’on retrouve à la surface du Soleil. Par contre, il faut préciser que le cœur du Soleil, lui, est bien plus chaud : environ 15 millions de degrés ! En comparaison, avec une température de 1000 à 2000 °C, la plupart des flammes sont plus froides.

Pourtant, malgré ces températures élevées, ni le cœur de la Terre, ni le Soleil ne brûle. Brûler, c’est un concept très spécifique, en fait : une réaction chimique dite d’oxydoréduction (impliquant généralement un gaz : l’oxygène) qui libère de la chaleur.

Au cœur du Soleil se produisent des réactions très différentes : celles de la fusion nucléaire. Les noyaux d’un élément appelé hydrogène se combinent pour former un élément un peu plus complexe : l’hélium. Cette réaction libère aussi de l’énergie, qui parvient petit à petit à la surface, d’où elle nous parvient grâce à la lumière.Bien qu’il évacue ainsi la chaleur produite, le Soleil ne se refroidit pas parce que les réactions continuent en son cœur.


À lire aussi : Hugo, 5 ans : « Pourquoi les étoiles brillent-elles ? »


Pour la Terre, les choses sont un peu différentes : la température élevée vient de la chaleur initiale (la Terre était chaude quand elle s’est formée et se refroidit depuis doucement) et de la désintégration des éléments radioactifs (qui ne sont pas éternels).

Le cœur de la Terre est donc chaud, et la chaleur s’évacue là aussi vers la surface. Notre planète s’est donc refroidie petit à petit. Ainsi, il y a plusieurs milliards d’années, la surface est devenue si froide qu’elle s’est solidifiée – c’est le sol sur lequel tu marches. Bien sûr, cette croûte fait un peu comme un couvercle sur une casserole et cela complique le refroidissement, mais il continue à se faire, notamment via les éruptions volcaniques.

Une différence importante avec le Soleil, c’est que notre planète se refroidit petit à petit… Dans un lointain futur, notre Terre n’aura plus de cœur chaud, et cela changera la planète : la dynamo qui s’y produit et génère le champ magnétique s’arrêtera, les plaques de la croûte terrestre ne bougeront plus… Mais en attendant, cette chaleur interne peut être utilisée : c’est la géothermie. Ainsi, l’eau chaude des profondeurs sert pour le chauffage urbain de plusieurs villes…


À lire aussi : Arthur, 6 ans : « Qui a mis du feu au centre de la Terre ? » The Conversation


Yaël Nazé, Astronome FNRS à l'Institut d'astrophysique et de géophysique, Université de Liège

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

Was ist ... Bildung?

Par Le 25/03/2021

Wissenschaft braucht die Zusammenarbeit, den Austausch zwischen den Disziplinen. Sozialwissenschaften und Naturwissenschaften brauchen Kultur.

Kultur ohne Anfrage an die Natur  ist leer.

Was ist Bildung? Hat Alexander von Humboldt die richtigen Ideen?

 

 

À l’école, faire dialoguer les disciplines scientifiques, c’est important !

Développement durable, changement climatique, préservation de la biodiversité, diffusion de l’informatique et des technologies numériques : tous ces enjeux supposent une nouvelle approche des sciences. Shutterstock
Alice Delserieys, Aix-Marseille Université (AMU) et Patrice Bonnet, Aix-Marseille Université (AMU)

Cet article est publié dans le cadre du Forum national « Activons les sciences en classe ! » organisé en ligne par la Fondation La main à la pâte le 27 mars 2021, dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez toutes les informations sur cet événement sur le site activons-les-sciences.fr.


L’interdisciplinarité est présentée depuis plusieurs années comme moteur essentiel de créativité, comme une approche qui permet de sortir du carcan de sa discipline pour relever les défis du monde contemporain. Différentes initiatives témoignent d’une telle volonté de faire du lien entre différentes disciplines au service de la formation pour accompagner les jeunes dans la pratique d’une pensée complexe. On peut citer par exemple l’ouverture d’une licence « sciences et humanité » à l’Université d’Aix-Marseille qui associe une expertise disciplinaire approfondie dans différentes disciplines, un rapport critique aux savoirs et le développement d’un esprit de synthèse.

Mais qu’en est-il à l’école ? L’école française est organisée autour d’enseignements qui se structurent progressivement en disciplines scolaires. Cette structuration est nécessaire pour circonscrire des domaines et organiser les connaissances. Elle permet de répartir le travail (entre enseignants notamment) et programmer la manière dont vont se succéder les contenus à enseigner.

Cependant, cette organisation classique de l’enseignement rend difficiles des approches liées aux grands enjeux actuels qui nécessitent de dépasser aujourd’hui un enseignement thématique cloisonné : développement durable, changement climatique, préservation de la biodiversité, diffusion de l’informatique et des technologies numériques, intelligence artificielle, soulignés notamment dans un rapport des Académies des sciences et des technologies sur l’enseignement des sciences.

Nouvelles approches

Depuis plusieurs années, le décloisonnement des disciplines scolaires est encouragé en France comme à l’étranger. Au Québec, depuis près de 20 ans, c’est vu comme un moyen d’aborder, avec les élèves, des situations ancrées dans leur réalité, susceptibles de stimuler leurs intérêts. Yves Lenoir insiste ainsi sur le rôle de l’école pour accompagner les élèves à porter un autre regard sur les questions complexes qu’ils rencontrent dans leur vie, à partir de démarches à caractère scientifique qui impliquent le raisonnement, la recherche systématique et explicite de solutions objectives, la communication, l’esprit critique, etc.

En France, une expérimentation a été lancée au collège en 2006, à l’initiative de La main à la pâte. Il s’agissait d’encourager l’émergence d’approches intégratives de l’enseignement des sciences et technologie et de faciliter un travail collectif entre plusieurs enseignants chacun spécialiste de sa discipline (Physique-chimie, technologie et SVT). Nous avons étudié systématiquement les organisations pédagogiques proposées par les enseignants qui ont participé à cette expérimentation. Nous avons ainsi relevé que l’enjeu principal pour ces enseignants résidait dans leur volonté de motiver leurs élèves aussi bien envers les sciences et la technologie, que pour l’école en général.

Autre élément remarquable, la majorité des équipes enseignantes a choisi de développer des projets en lien avec des questions d’éducation au développement durable, souvent associées à des problématiques locales (mobilité écoresponsable dans ma ville ; composteur et espaces verts du collège, abris à oiseaux et à insectes en partenariat avec la communauté de commune ; la vigne, le vin et le patrimoine local, etc).

C’est lors de la réforme de 2016 que les programmes scolaires ont été restructurés, mettant en avant un continuum des apprentissages et, en particulier, le rapprochement de la classe de 6e avec celles de CM1 et CM2 constituant ainsi le cycle 3. Les programmes scolaires évoluent par le regroupement des notions de différentes disciplines scientifiques et technologiques avec un seul intitulé « sciences et technologie ». Le recours à des approches interdisciplinaires est aussi renforcé, en cycle 4 (à partir de la classe de 5e), par la création d’Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI). Par ailleurs, au sein de la Fondation La main à la pâte, un réseau de collèges pilotes s’est développé pour favoriser le travail en équipe et impulser des approches créatives et expérimentales de l’enseignement des sciences et technologie.

Oser l’interdisciplinarité

Cependant, s’aventurer aux frontières de sa discipline d’enseignement ne s’improvise pas. Les enseignants de l’école primaire, dont l’essence même du métier est fondée sur la polyvalence, ne sont pas à l’aise avec des approches interdisciplinaires. Même si des évolutions de la formation sont en cours, la formation initiale des professeurs des écoles a tendance à s’appuyer sur des contenus disciplinaires différenciés, empruntés à l’enseignement secondaire, et donnant une place très réduite à aux sciences et technologie.

De leur côté, les enseignants du secondaire trouvent leur légitimité dans les savoirs acquis pendant leurs études universitaires et leur professionnalité se construit avant tout dans l’enseignement de ces savoirs. La mise en œuvre d’approches interdisciplinaires implique une collaboration entre plusieurs enseignants de disciplines différentes. Ces enseignants n’ont pas les mêmes références, n’utilisent pas les mêmes mots et ne se comprennent pas toujours. Ils sont pourtant poussés vers des modalités de travail collectif, voire même collaboratif.

Cette approche est déstabilisante pour des enseignants qui ont l’habitude d’agir seuls dans leur classe, avec leurs élèves. C’est probablement d’autant plus critique en France où les enseignants exercent leur métier de manière solitaire, avec un tiers des enseignants qui déclarent ne jamais participer à des réunions d’équipe contre moins de 2 % dans la majorité des autres pays de l’OCDE. Développer des pratiques interdisciplinaires à l’école pose ainsi des questions structurelles, sur l’organisation du travail d’équipe.

Mais nous souhaitons souligner aussi que la mise en œuvre d’approches interdisciplinaires engage chacun dans un travail intellectuel complexe. Il est nécessaire d’acquérir une connaissance fine de sa discipline, et une connaissance étendue dans des disciplines différentes. Il est indispensable de développer un esprit de synthèse, d’interroger les savoirs dans leur portée épistémologique, afin de reconstruire un sens à partir de connaissances qui ont été circonscrites pour être définies plus précisément. Enfin, il est nécessaire d’avoir recours à un esprit d’analyse systémique pour concevoir les problèmes dans leur globalité, de penser une réelle démarche de problématisation questionnant les enjeux actuels au travers de démarches scientifiques collaboratives.

Il y a ainsi des défis majeurs de formation et de recherche sur les approches interdisciplinaires qui sont encore trop peu explorés bien qu’ils paraissent urgents dans le contexte actuel. Pour comprendre les problèmes complexes posés par la crise sanitaire que nous traversons, nous sommes amenés à faire la synthèse d’informations scientifiques glanées parmi un flux d’informations plus ou moins fondées.

Les discours scientifiques sont parfois mis à mal au profit de systèmes de croyances aux apparences plus rassurants. Plus que jamais, il semble essentiel de permettre aux enseignants de prendre toute la mesure des enjeux d’une éducation scientifique et technologique citoyenne allant au-delà des cadres disciplinaires traditionnels.The Conversation

Alice Delserieys, Maîtresse de conférences en didactique des sciences, Aix-Marseille Université (AMU) et Patrice Bonnet, Professeur agrégé de Sciences de la Vie et de la Terre, Aix-Marseille Université, Aix-Marseille Université (AMU)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

HUNGER und Not in der Welt.

Par Le 17/11/2020

Hunger und Not in der Welt sind eine Gefahr für alle Menschen, ganz gleich auf welchem Kontinent man lebt.

Gewalt und Ungerechtigkeit bilden den Boden auf dem Terrorismus sich entwickelt.

Die wirtschaftlichen Probleme und die Not der Menschen sind Gegner einer demokratischen Gesellschaft. Die Welt braucht darum weltweite Zusammenarbeit und den gemeinsamen Einsatz aller Staaten und Organisationen gegen Hunger und Not.

 

 

 

Prix Nobel de la paix 2020 : le combat sans fin du Programme alimentaire mondial de l’ONU

Chloé Maurel, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Le président américain élu Joe Biden a promis, dès l’annonce de son élection, de faire revenir les États-Unis dans l’Accord de Paris sur le climat. C’est un signe positif pour le multilatéralisme, incarné par l’ONU et par ses accords et conventions universelles.

Un autre signe positif pour l’ONU est l’attribution en octobre 2020 du prix Nobel de la paix au Programme alimentaire mondial, agence de l’ONU créée en 1961 afin de lutter contre la faim dans le monde. C’est la 12e fois qu’une agence ou un dirigeant de l’ONU reçoit le prix Nobel, après notamment les Casques bleus en 1988, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 2005, ou encore le Groupe international d’experts sur le climat (GIEC) en 2007.

Prix Nobel de la paix : le Programme alimentaire mondial distingué.

Le PAM apporte chaque année de l’aide alimentaire à près de 100 millions de personnes dans le monde, dans près de 80 pays. En 2019, il a fourni plus de 4 millions de tonnes de produits alimentaires. Son plus important terrain d’action actuellement est le Yémen où, depuis le début de la guerre civile commencée en 2015, la famine menace les deux tiers des 30 millions d’habitants. Le PAM agit actuellement dans 18 pays : outre le Yémen, ses terrains d’intervention majeurs sont aujourd’hui la République démocratique du Congo, le Mozambique, le nord du Nigéria, le Soudan du Sud et la Syrie, c’est-à-dire essentiellement des zones de conflits.

De la création du PAM aux premières actions concrètes

C’est il y a presque soixante ans, le 24 novembre 1961, qu’a été créé le PAM, initialement pour une durée temporaire de trois ans, à l’instigation du président américain, le Républicain Dwight Eisenhower, qui avait prononcé un discours à l’Assemblée générale de l’ONU le 1er septembre 1960, préconisant la mise sur pied d’un « dispositif pour fournir de l’aide alimentaire par le canal de l’ONU ».

 

L’histoire du PAM a été retracée notamment par l’économiste américain John D. Shaw, qui y a servi comme consultant. À l’époque de sa création, il s’agissait de renforcer l’action de la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, agence spécialisée de l’ONU créée en 1945) en répartissant les surplus alimentaires produits par les pays riches auprès des populations démunies des pays du Tiers monde. Depuis 1945, les États-Unis, grands producteurs de céréales, apportaient déjà une telle aide alimentaire de manière bilatérale à plusieurs pays du Sud, ce qui leur permettait d’étendre leur influence sur ces pays, ce qu’on appelle le « soft power ». « Le PAM est né de la volonté du gouvernement américain de soutenir son agriculture nationale en rachetant les surplus agricoles aux États-Unis et en les distribuant dans les pays en voie de développement », explique un fonctionnaire du PAM souhaitant rester anonyme.

Le PAM va effectuer sa première opération d’aide d’urgence à la suite du séisme de Buin Zahra en Iran en septembre 1962, qui laisse les populations iraniennes en détresse. Le PAM leur fournira 1 500 tonnes de blé. Puis, en 1963, il aide 50 000 Nubiens (habitants du sud de l’Égypte) à se réinstaller sur de nouvelles terres et à y faire des récoltes, après l’engloutissement de leurs villages suite à la création du barrage d’Assouan. En novembre 1963, le PAM développe un projet pilote de fourniture de repas scolaires à 5 000 écoliers du Togo.

Des actions d’urgence de grande ampleur

Ayant démontré son utilité, le PAM devient en 1965 un programme permanent de l’ONU. Il va intervenir pour assister les populations lors des grandes famines de la seconde moitié du XXe siècle, comme au Biafra (1967-1970), au Sahel (1968-1972), en Éthiopie (années 1980), en Somalie (1991-1992), etc. En 1973, le PAM apporte une aide d’urgence par avion au Sahel : plus de 30 avions cargos, fournis par 12 pays différents, sont mobilisés pour l’occasion de 1973 à 1976.

En 1980, le PAM aide 370 000 réfugiés cambodgiens à fuir vers la Thaïlande pour échapper aux violences dans leur pays dominé alors par les khmers rouges, et pourvoit à leur alimentation. Tout au long des années 1980, sous la direction de l’Australien James Ingram, le PAM se concentre davantage sur l’assistance aux victimes de désastres naturels et aux personnes déplacées du fait de guerres et conflits internes. Ainsi, en 1983, le PAM livre 2 millions de tonnes d’aide alimentaire aux Éthiopiens, frappés par la pire famine dans le monde depuis un siècle.

En 1989, avec l’opération « Lifeline Sudan », le PAM, aidé par 40 ONG, affrète vingt avions cargo pour lancer des tonnes d’aide alimentaire sur le Sud du Soudan, touché par la guerre civile. C’est la plus grande opération aérienne d’aide alimentaire jamais réalisée. En 1992, le PAM fournit des rations aux centaines de milliers d’ex-Yougoslaves piégés dans leur pays par la guerre civile. Puis, en 1994, le PAM fournira de la nourriture aux réfugiés du génocide rwandais, installés dans les pays voisins du Rwanda. Et en septembre 1998, ce sont des millions de Bangladais qui sont secourus par le PAM suite aux dramatiques inondations qui ont touché le pays.

Les États-Unis à la manœuvre

Le PAM va être au fil du temps dominé – et financé – essentiellement par les États-Unis : depuis 1992, son dirigeant a toujours été un Américain. Cette année-là, c’est la fonctionnaire américaine Républicaine Catherine Bertini, sur la recommandation du président Bush, qui est nommée à la tête du PAM. Première femme à diriger l’institution, elle opère des réformes managériales à l’intérieur du programme, et redéfinit la mission du PAM selon trois axes : 1) sauver des vies lors des crises d’urgence et des situations où il y a des réfugiés (« food for life »), 2) améliorer la nutrition et la qualité de vie dans les situations critiques (« food for growth ») et 3) donner des moyens d’action aux pauvres et les aider à avoir confiance en eux-mêmes (« food for work »). À son poste, elle doit gérer des situations humanitaires sensibles : en 2000, elle est nommée par le Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan envoyée spéciale dans la Corne de l’Afrique, pour prévenir une famine liée à la sécheresse.

En 2002, le PAM entre au Livre Guiness des Records comme la plus grande agence humanitaire mondiale, avec 14 500 employés. Depuis cette date, il développe des partenariats avec des entreprises privées pour accroître ses ressources. En décembre 2004, il lance une opération d’assistance humanitaire massive aux 14 pays, essentiellement asiatiques, victimes du tsunami. En décembre 2010, il aide les 4,5 millions de victimes du tremblement de terre en Haïti. Enfin, depuis 2011, il aide les victimes de la guerre civile en Syrie, et depuis 2014 les 3 millions d’Africains de l’Ouest affectés par l’épidémie d’Ebola.

L’actuel secrétaire exécutif du PAM est depuis 2017 l’ancien gouverneur Républicain de la Caroline du Sud, le juriste David Beasley. Toutefois, sa gestion du personnel du PAM a suscité des critiques.

Un effort pour valoriser les petits paysans et les marchés locaux

En 2020, le besoin de financement du PAM, qui provient essentiellement de contributions volontaires des États membres, est fixé à 10,6 milliards de dollars, en augmentation par rapport à 2019 (8,3 milliards de dollars). Il emploie aujourd’hui environ 12 000 personnes, dont plus de 90 % travaillent directement sur le terrain.

 

Aujourd’hui, le PAM ne se borne pas à fournir de l’aide alimentaire, ce qui laisserait les populations réceptrices dans une situation de passivité : depuis 2008 et le lancement du programme « Purchase for Progress », le PAM achète à des petits paysans leurs produits locaux, puis les distribue aux populations dans le besoin, ce qui permet de protéger les marchés locaux en évitant de les submerger par des produits extérieurs.

Ce dispositif vise à répondre aux critiques visant le PAM, qui font valoir que l’aide alimentaire serait en fait nuisible aux pays pauvres, encourageant la corruption des dirigeants politiques chargés de la répartir, qui monnayeraient cette aide contre des voix aux élections et revendraient les stocks de nourriture au marché noir. Mais les critiques demeurent minoritaires et, au sein d’une ONU souvent dénoncée comme impuissante, le PAM reste considéré comme un programme efficace par l’opinion mondiale.

La crise de la Covid-19 et l’objectif faim zéro

Actuellement, alors que plus de 821 millions de personnes dans le monde souffrent de faim chronique, la situation est en aggravation du fait de la pandémie de Covid-19, et l’objectif faim zéro que l’ONU s’est fíxé pour 2030 semble hors d’atteinte : la pandémie de Covid a eu pour effet de faire baisser drastiquement les dons d’aide alimentaire. Le PAM s’alarme d’une possible « pandémie de la faim », qui s’ajouterait à la pandémie actuelle.

Covid-19 : « Nous sommes au bord d’une pandémie de faim », avertit l’ONU.

Cela montre bien l’imbrication étroite des problèmes sanitaires, alimentaires, et même géopolitiques. C’est pourquoi seule l’ONU, institution universelle, multilatérale, et agissant sur plusieurs domaines (la santé avec l’OMS, la culture et l’éducation avec l’Unesco, l’alimentation et l’agriculture avec la FAO, etc.), peut agir efficacement.

Il est donc nécessaire que les États membres lui fournissent les financements nécessaires et lui donnent les moyens d’agir.The Conversation

Chloé Maurel, SIRICE (Université Paris 1/Paris IV), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

COVID 19: Die Folgen im Raum.

Par Le 16/07/2020

Géographie de la mortalité due au Covid-19 en France et en Allemagne

Michel Deshaies, Université de Lorraine

Dans un article précédent, la géographie de la pandémie de Covid-19 en France et en Allemagne a été décrite. La cartographie fait apparaître à l’intérieur des deux pays de grands contrastes en matière de densité de cas, révélateurs des structures géographiques propres à chaque État.

La pandémie a ainsi fortement frappé les régions de l’est de la France et l’Île-de-France, alors que les régions de la façade atlantique et du sud-ouest ont été peu touchées. En Allemagne, la pandémie, qui s’est propagée depuis l’Italie, s’est concentrée dans les deux Länder du sud (Bavière et Bade-Wurtemberg) et dans une moindre mesure dans certaines parties de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, tandis que le nord du pays et les nouveaux Länder ont été relativement épargnés.

Une mortalité beaucoup plus forte en France, révélatrice de la mauvaise gestion de la crise

Pourtant, si la France et l’Allemagne ont eu à peu près le même nombre de cas attestés (environ 190 000), la mortalité a été beaucoup plus élevée en France. Tandis que l’Allemagne ne déplorait, au 19 juin 2020, que 8 883 décès, soit un taux de 107 par million d’habitants, la France en comptait 29 617, soit un taux de 454 par million d’habitants.

Ce contraste ne peut s’expliquer par la différence d’intensité de la pandémie, puisque les deux pays ont été touchés presque simultanément et ont des densités moyennes de cas assez proches ; il est révélateur de l’inégal état de préparation des systèmes de santé et des différences entre les politiques de gestion de la crise.

Alors qu’en Allemagne, tests et masques permettant de repérer les cas et de limiter la propagation du virus ont été dès le début disponibles massivement, la France a été confrontée à une pénurie que le gouvernement a bien maladroitement tenté de masquer par une communication désastreuse. La situation a été aggravée par l’état du système hospitalier, affaibli depuis de nombreuses années, et disposant par exemple de trois fois moins de lits de réanimation que celui de l’Allemagne. Ce désastre sanitaire côté français est d’autant plus frappant que la politique de confinement imposée du 17 mars au 11 mai y a été bien plus stricte qu’en Allemagne, où elle variait beaucoup suivant les Länder.

La carte (figure 1) montre qu’en France les départements à fort taux de mortalité (supérieur à 400 par million) sont beaucoup plus nombreux qu’en Allemagne. Alors que chez nos voisins d’outre-Rhin seules les deux régions les plus touchées par la pandémie (Berchtesgaden et le Haut-Palatinat, le long de la frontière tchèque) sont dans cette catégorie, en France c’est le cas de l’ensemble des départements du Grand Est, ainsi que de la plupart des départements d’Île-de-France et de Picardie. On note également de forts taux de mortalité en Bourgogne, en Franche-Comté, le long du couloir rhodanien, ainsi que dans le Berry.

Les considérables écarts de mortalité entre les deux pays sont illustrés par la situation dans les régions frontalières. En Alsace, le nombre de décès s’élevait le 19 juin à 1 450 pour une population de 1,9 million d’habitants (soit 763 décès par million), alors que dans le pays de Bade voisin, on déplorait 414 décès pour une population de 1,6 million d’habitants (soit 259 décès par million).

Figure 1 : géographie de la mortalité due au Covid-19 en France et en Allemagne, situation au 19 juin 2020

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De fortes inégalités spatiales à l’intérieur de chaque pays

L’étude de la répartition de la mortalité fait apparaître de grandes inégalités régionales à l’intérieur de chaque pays, en grande partie en raison de la distribution spatiale très inégale du virus, mais aussi parce que le taux de décès rapporté au nombre de cas varie fortement. Avec un nombre d’habitants équivalent, le département des Vosges a ainsi eu six fois plus de malades hospitalisés et dix fois plus de morts que celui de la Haute-Vienne. Comme le montre la figure 2, il existe bien une corrélation entre densité de cas par département et taux de mortalité.

Toute l’Allemagne du Nord et les nouveaux Länder (correspondant à l’ancienne RDA absorbée lors de la réunification de 1990) affichent des taux de mortalité faibles. Mais un certain nombre de territoires ressortent par des taux de mortalité nettement plus bas par rapport à la densité de cas. Au sein des régions allemandes comptant le plus de cas, l’agglomération de Munich a un taux de décès rapporté au nombre de cas attestés parmi les plus faibles de tout le sud du pays. C’est pourquoi les taux de mortalité rapportés à la population totale varient du simple au triple entre Munich (153 décès par million d’habitants) et la région de Rosenheim-Berchtesgaden (487 décès par million d’habitants).

En France, on retrouve des écarts considérables dans les taux de décès rapportés au nombre de cas traités à l’hôpital. Ils varient d’un maximum de 28 % dans l’Indre à des minima de 8 à 14 % dans plusieurs départements du sud de la France. Dans tout le sud-ouest de la France, où la densité de cas est faible, les taux de mortalité sont largement inférieurs à 100 par million d’habitants, avec des minima inférieurs à 30 dans les départements les moins touchés. Contrairement à l’Allemagne, tous les départements comportant une forte densité de cas ont des taux de décès élevés, presque toujours supérieurs à 18 % des cas hospitalisés. Néanmoins, il existe des contrastes importants, y compris en Île-de-France. À densités de cas équivalentes, les Hauts-de-Seine ont un taux de décès nettement inférieur à celui de Paris. Il en va de même pour les Bouches-du-Rhône qui, avec une densité de cas comparable, a un taux de mortalité qui atteint 77 % de celui du département du Rhône et 55 % de celui de la Meurthe-et-Moselle.

Figure 2 : densité de cas (pour 100 000) et taux de mortalité (par million) par département en France, situation au 19 juin 2020 :

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02, Aisne ; 06, Alpes-Maritimes ; 10, Aube ; 13, Bouches-du-Rhône ; 18, Cher ; 36, Indre ; 44, Loire-Atlantique ; 51, Marne ; 52, Haute-Marne ; 54, Meurthe-et-Moselle ; 55, Meuse ; 57, Moselle ; 59, Nord ; 67, Bas-Rhin ; 68, Haut-Rhin ; 69, Rhône ; 74, Haute-Savoie ; 75, Paris ; 77, Seine-et-Marne ; 78, Yvelines ; 80, Somme ; 88, Vosges ; 90, Territoire de Belfort ; 92, Hauts-de-Seine ; 93, Seine-Saint-Denis ; 94, Val-de-Marne ; 95, Val-d’Oise ; 976, Mayotte.

Les départements situés au-dessus de la courbe de tendance ont des taux de mortalité à l’hôpital supérieurs à la moyenne française (18,56 %) ; ceux situés en dessous ont des taux inférieurs à cette moyenne.

Comment interpréter ces différences de mortalité ?

Les différences de taux de mortalité peuvent s’expliquer par trois types de causes.

La mortalité est d’abord corrélée à l’intensité de la pandémie et donc, en partie, à la tenue de rassemblements (de loisir ou religieux), ou à des configurations géographiques ayant favorisé la propagation du virus au sein de la population. Celle-ci a pu être différemment affectée en fonction de sa structure par âge qui peut varier notamment entre les régions urbaines et les régions rurales. Étant donné que la plupart des décès liés à la pandémie ont frappé des personnes âgées, la proportion d’habitants de plus de 65 ans peut expliquer une partie des différences. C’est le cas, semble-t-il, en Bavière ; mais ce n’est pas généralisable.

En France, il est difficile de se prononcer car on ne dispose pas des données des Ehpad par département. De plus, il existe aussi un biais dans les données de mortalité car dans les départements très ruraux les malades gravement atteints ont été transférés dans les hôpitaux des capitales régionales. L’autre explication possible aux différences de mortalité a trait à la qualité du système hospitalier et des traitements qui y ont été prodigués. Lorsque l’on pourra faire un bilan définitif, il sera donc intéressant d’analyser ce qui relève des caractéristiques de la population et ce qui découle des qualités et défauts du système de santé et de l’efficacité des traitements utilisés. Espérons que l’on pourra en tirer des enseignements afin de mieux gérer une prochaine crise sanitaire.The Conversation

Michel Deshaies, professeur de géographie, Université de Lorraine

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.