Le cœur de la Terre est chaud, très chaud : environ 5400 °C. Cette température est proche de celle qu’on retrouve à la surface du Soleil. Par contre, il faut préciser que le cœur du Soleil, lui, est bien plus chaud : environ 15 millions de degrés ! En comparaison, avec une température de 1000 à 2000 °C, la plupart des flammes sont plus froides.
Pourtant, malgré ces températures élevées, ni le cœur de la Terre, ni le Soleil ne brûle. Brûler, c’est un concept très spécifique, en fait : une réaction chimique dite d’oxydoréduction (impliquant généralement un gaz : l’oxygène) qui libère de la chaleur.
Au cœur du Soleil se produisent des réactions très différentes : celles de la fusion nucléaire. Les noyaux d’un élément appelé hydrogène se combinent pour former un élément un peu plus complexe : l’hélium. Cette réaction libère aussi de l’énergie, qui parvient petit à petit à la surface, d’où elle nous parvient grâce à la lumière.Bien qu’il évacue ainsi la chaleur produite, le Soleil ne se refroidit pas parce que les réactions continuent en son cœur.
Pour la Terre, les choses sont un peu différentes : la température élevée vient de la chaleur initiale (la Terre était chaude quand elle s’est formée et se refroidit depuis doucement) et de la désintégration des éléments radioactifs (qui ne sont pas éternels).
Le cœur de la Terre est donc chaud, et la chaleur s’évacue là aussi vers la surface. Notre planète s’est donc refroidie petit à petit. Ainsi, il y a plusieurs milliards d’années, la surface est devenue si froide qu’elle s’est solidifiée – c’est le sol sur lequel tu marches. Bien sûr, cette croûte fait un peu comme un couvercle sur une casserole et cela complique le refroidissement, mais il continue à se faire, notamment via les éruptions volcaniques.
Une différence importante avec le Soleil, c’est que notre planète se refroidit petit à petit… Dans un lointain futur, notre Terre n’aura plus de cœur chaud, et cela changera la planète : la dynamo qui s’y produit et génère le champ magnétique s’arrêtera, les plaques de la croûte terrestre ne bougeront plus… Mais en attendant, cette chaleur interne peut être utilisée : c’est la géothermie. Ainsi, l’eau chaude des profondeurs sert pour le chauffage urbain de plusieurs villes…
Le premier tour des élections départementales et régionales de 2021 a été marqué par une participation historiquement faible : 32,59 % contre 50,17 % au premier tour des élections départementales de mars 2015 et 49,91 % au premier tour des élections régionales de décembre 2015. Ce recul exceptionnel, assez similaire à celui observé entre les élections municipales de 2014 et de 2020 (-19 points), est-il lié au contexte de crise sanitaire ?
En juin, ce risque épidémique semble toutefois être un argument bien insuffisant pour expliquer la hausse de l’abstention, une majorité des adultes en âge de voter ayant reçu une première dose de vaccin.
Pas de démobilisation des personnes âgées
Les recherches relatives à l’abstention au premier tour des élections municipales de 2020 ont montré que les écarts de participation selon l’âge des électeurs s’étaient réduits, les personnes âgées, davantage à risque, s’étant davantage démobilisées. Cependant, dimanche dernier, l’écart de participation entre les 18-24 ans et les 65 ans et plus était bien plus important qu’en 2020, passant de 20 points à 31 points et se rapprochant ainsi des écarts de participation observés en 2015 (voir tableau 1).
Entre 2015 et 2020, ce sont les 65 ans et plus qui se sont le plus démobilisés alors que la participation des moins de 35 ans a stagné. Mais le constat est inverse entre 2020 et 2021 : les personnes âgées de 65 ans et plus se sont quasiment autant mobilisées (-3 points) alors que la participation décline fortement dans toutes les autres classes d’âge (entre – 13 et -17 points). Ce résultat peut expliquer les relatives contre-performances de la gauche et des écologistes dans certaines régions, ces partis ayant des bases électorales significativement plus jeunes.
La démobilisation des personnes âgées en 2020 et la réduction des inégalités de participation selon l’âge ne semblent donc avoir été qu’un épiphénomène lié au risque élevé, pour les personnes âgées en particulier, de développer une forme grave de la maladie. En d’autres termes, l’effet direct du Covid observé en 2020 a disparu en 2021, du fait de la campagne de vaccination et de la moindre circulation du virus.
Un nouveau « gender gap » ?
Comme lors des élections municipales de 2020, on constate que les femmes ont moins participé que les hommes en 2021 alors qu’elles s’étaient autant mobilisées que les hommes en 2015 (voir tableau 2). Ce résultat va à rebours des enquêtes réalisées depuis les années 2000 en France.
Une première hypothèse est que les femmes se sont trouvées, davantage que les hommes, à distance de la compétition électorale. En effet, du fait de processus genrés de socialisation, elles ont été plus que les hommes préoccupées par la dimension strictement sanitaire de la crise. De plus, les inégalités de genre, en matière de travail domestique notamment, se sont renforcées durant les confinements successifs.
Une seconde hypothèse est que, la norme participationniste s’affaiblissant, l’intérêt pour la politique et le sentiment de légitimité politique, deux facteurs déjà déterminants en matière de mobilisation électorale, le deviennent de plus en plus.
De ce point de vue, le lien avec la crise sanitaire reste donc à préciser.
Tableau 2. Participation électorale selon le sexe (2015-2021, en %)
Tableau 2.T. Haute, enquêtes réalisées en ligne respectivement du 19 au 21 mars 2015, du 29 novembre au 2 décembre 2015, du 13 au 14 mars 2020 et du 16 au 19 juin 2021 par Ipsos, Fourni par l'auteur
Des inégalités sociales qui persistent
Les inégalités de participation liées au niveau de revenus restent non négligeables : selon l’Ifop, la participation au premier tour des régionales a atteint 22 % au sein des catégories populaires (moins de 900 euros par mois) contre 39 % au sein des catégories supérieurs (plus de 2 500 euros par mois).
De même, comme en 2020, les inégalités liées à la catégorie socioprofessionnelle semblent s’être plutôt maintenues : l’écart de participation entre cadres et ouvriers était de 6 points dimanche dernier contre 9 points en 2015 (voir tableau 3). Ce résultat peut expliquer la bonne « performance » des listes de la droite parlementaire pour laquelle votent massivement les catégories supérieures.
Tableau 3. Participation électorale selon la catégorie socioprofessionnelle (2015-2021, en %)
Tableau 3.T. Haute, enquêtes Ipsos 2015, 2020 et 2021 N. B. Les chiffres pour les retraités, les inactifs, les exploitants agricoles et les artisans, commerçants et chefs d’entreprise ne sont pas présentés ici., Fourni par l'auteur
Des effets sur le temps long
À l’inverse de ce qui avait été observé aux élections municipales de 2020, l’abstention en juin 2021 ne semble donc pas s’expliquer par la crainte de contamination. Alors que la pratique électorale est devenue majoritairement intermittente en France, les effets de la crise sanitaire sont en réalité plus indirects, plus globaux et se jouent sur le temps long.
Ainsi, les candidats ont peiné, en raison du contexte sanitaire, à s’adresser aux électeurs. De même, la parole politique s’est focalisée sur la gestion de la crise sanitaire, limitant fortement l’émergence d’autres enjeux, a fortiori locaux. Enfin, les confinements successifs et le recours massif au télétravail ont induit une réduction des relations sociales. Or, celles-ci sont déterminantes en matière de mobilisation électorale, en particulier au sein des classes populaires.