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Der Weg aus der Krise: Impfung!

Par Le 31/12/2020

Avantages, désavantages, risques… Ce qu'il faut savoir sur les vaccins à ARN

François Meurens, Inrae

ARNm : quatre lettres qui ont fait le tour de la planète et désignent ce qui ressemble de plus en plus à une avancée majeure dans le domaine de la vaccination. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Les ARN (pour Acides RiboNucléique) sont des molécules dont la structure est proche de celle des molécules d’ADN (acide désoxyribonucléique). Beaucoup moins stables que ces dernières, ce qui signifie qu’elles sont plus facilement détruites, les molécules d’ARN jouent toutefois de nombreux rôles dans les cellules. Ceux-ci varient selon la classe d’ARN considéré : ARN de transfert ou ARN ribosomique qui interviennent dans l’assemblage des protéines, ARN guides qui aident à positionner certaines enzymes au bon endroit… Aujourd’hui encore, de nouvelles classes d’ARN possédant diverses fonctions biologiques sont découvertes.

L’ARN utilisé pour la vaccination appartient à la classe des ARN messagers (ARNm). Ces petites molécules sont connues depuis les années 1960, époque à laquelle François Jacob et Jacques Monod, deux scientifiques français, ont joué un rôle prépondérant dans sa découverte. Les ARN messagers sont présents de manière fugace dans nos cellules. Ils constituent en quelque sorte le « plan de montage » des protéines : dans le noyau de la cellule, l’information correspondant à une protéine donnée, portée par l’ADN, est « recopiée » sous forme d’une molécule d’ARNm. Celle-ci passe ensuite dans le cytoplasme (l’espace compris entre le noyau de la cellule et sa membrane). Elle y sera lue par les ribosomes, les unités chargées de la production des protéines, puis détruite.

C’est sur cette fonction que reposent les vaccins à ARNm. Le principe est en effet d’injecter dans les cellules l’information leur permettant de produire une protéine de l’agent infectieux contre lequel on souhaite obtenir une immunité. Les cellules de l’individu vacciné fabriqueront elles-mêmes le constituant viral en question, ce qui déclenchera une réponse immunitaire.

Il a longtemps été difficile de travailler avec les molécules d’ARN, en raison de leur fragilité. Mais grâce aux progrès scientifiques, les choses ont changé, et l’on peut aujourd’hui envisager d’utiliser les ARNm comme vaccin.

Quels sont les avantages et les désavantages des vaccins à ARN ?

Utiliser l’ARNm pour vacciner présente de nombreux avantages.

Tout d’abord, c’est une approche vaccinale plus sûre dans toutes ses étapes, de la conception à l’utilisation, car aucun être vivant n’est manipulé. La fabrication des vaccins à ARNm est aussi devenue plus « simple » que celles des autres types de vaccins, qu’il s’agisse de vaccins vivants atténués (basés sur l’emploi d’agents infectieux vivants modifiés afin qu’ils perdent leur pouvoir infectieux) ou de vaccins inactivés (qui contiennent des agents infectieux « tués » ou des fragments d’agents infectieux).

La production de ces deux types de vaccins contre des virus nécessite en effet le plus souvent de recourir à des cultures de cellules ou à des œufs embryonnés, dans des conditions très contrôlées. Les vaccins à ARNm s’affranchissent de ces étapes coûteuses, car ils sont produits par synthèse chimique. En outre, contrairement aux vaccins vivants atténués, le risque de retour à la virulence est nul, puisqu’ils ne contiennent pas d’agent infectieux.


À lire aussi : Vaccins vivants atténués : pourquoi il ne faut pas renoncer à les utiliser


Outre le fait que les vaccins à ARNm sont faciles à produire et peu onéreux, leur adaptation à l’évolution des agents pathogènes peut se faire rapidement. Si un nouveau variant viral muté contre lequel le vaccin serait moins efficace émerge, il suffit (théoriquement !) de modifier la séquence de l’ARNm pour la faire correspondre à celle du nouveau variant viral afin de retrouver l’efficacité perdue.

Enfin, une conséquence de leur présentation originale au système immunitaire est que les vaccins à ARNm génèrent des réponses immunes équilibrées, entre les composantes cellulaire (lymphocytes) et humorale (anticorps). Or, ces réponses équilibrées sont plus efficaces pour la lutte contre les virus.

Les désavantages de ces molécules d’ARNm sont essentiellement liés à leur stabilité plutôt faible. En effet, ce sont des molécules fragiles et leur conservation n’est pas toujours évidente même si des progrès ont été faits ces dernières années (lyophilisation). Que ce soit hors ou dans les cellules, les ARNm disparaissent vite, en raison de leur structure moléculaire…

Un autre désavantage est que lorsque les ARNm sont étrangers à nos cellules, ils activent des réponses interférons de types 1 et 3 (les interférons sont des protéines produites notamment en réaction à des infections virales). Ces réponses aboutissent à leur dégradation et peuvent réduire l’induction de la réponse immune souhaitée lors de la vaccination.

Les vaccins à ARN peuvent-ils modifier nos génomes ?

Les ARNm des vaccins développés contre la COVID-19 ne sont pas des organismes génétiquement modifiés (OGM) et ne constituent pas une approche de thérapie génique. En effet, ce sont juste des morceaux d’acides nucléiques inspirés des génomes viraux, qui n’ont pas la capacité de modifier nos gènes.

Rappelons que les ARNm restent dans le cytoplasme des cellules et n’ont pas vocation à gagner le noyau. Pour pénétrer dans cette partie de la cellule, les molécules présentes dans le cytoplasme doivent être porteuses d’un « étiquettage » spécifique. En outre, des molécules de transport devraient intervenir pour les y emmener.

Et quand bien même ces ARNm vaccinaux rentreraient dans le noyau, l’ARN ne peut pas s’intégrer dans notre génome sans être transformé en ADN (on parle de rétrotranscription), ce qui nécessite des enzymes très particulières, appelées transcriptases inverses. Celles-ci sont le plus souvent virales : on les trouve dans les virus de la famille des Rétrovirus (comme le VIH, responsable du SIDA) et des Hépadnavirus (comme le virus de l’hépatite B). Des protéines un peu particulières avec une activité transcriptase inverse, comme l’ADN polymérase eta, ont également été identifiées dans nos cellules. Cependant ces protéines ne sont pas localisées dans le cytoplasme cellulaire et n’ont pas vocation à interagir avec des ARNm. Une modification de nos génomes par un ARNm relève donc plutôt de la (science)-fiction…

Par ailleurs, il ne suffit pas que la rétrotranscription ait lieu : l’intégration de l’ADN obtenu dans le génome demanderait la présence d’autres enzymes appelées intégrases. Et si nous poussons la fiction jusqu’à envisager malgré tout une intégration, celle-ci n’aboutirait pas pour autant à des effets délétères pour la cellule hôte. Il faudrait pour cela que ce fragment s’insère dans une région contenant un gène, or les gènes ne représentent pas la majeure partie de notre génome. Enfin, une telle modification ne serait de toute façon pas transmise à la descendance.

Pour toutes ces raisons, les « risques » de modification de nos génomes par les ARNm sont pour ainsi dire statistiquement nuls. Nous courrons des risques infiniment plus élevés dès lors que nous prenons notre voiture ou que nous montons dans un avion…

Les vaccins à ARNm ont-ils été développés trop rapidement ?

Cette remarque revient fréquemment dans les débats récents. Là aussi, il convient de rappeler que la vaccination au moyen d’acides nucléiques, dont les ARNm, est une histoire déjà ancienne (les premières tentatives d’utiliser l’ARNm pour la vaccination remontent au début des années 1990).

De très nombreuses publications précliniques relatives à cette approche chez l’animal (rongeurs, porcs, bovins et macaques…) ont été publiées et n’ont pas montré d’effets secondaires majeurs. Par ailleurs, les essais cliniques chez l’être humain (de phases 1, 2 et 3) ont démontré une excellente efficacité vaccinale et pas plus d’effets secondaires qu’avec les vaccins conventionnels.

Signalons au passage que même dans les groupes placebos (c’est-à-dire dans lesquels aucun principe actif n’a été injecté), des effets secondaires sont rapportés. Cela signifie que lesdits effets secondaires sont en partie liés à l’injection en elle-même.

Enfin, en médecine vétérinaire, des vaccins à ADN existent depuis quelques années (West-Nile Innovator® contre la maladie de West-Nile chez le cheval, Oncept Canine Melanoma® contre le mélanome buccal de chien et Clynav® contre la maladie pancréatique du saumon) et aucun effet indésirable majeur n’a été rapporté.

Quid des phénomènes allergiques observés chez certains patients aux États-Unis et au Royaume-Uni ?

Des réactions allergiques ont été rapportées chez certains patients suite à la vaccination. Les réactions allergiques post-vaccinales, même si elles sont rares, sont bien connues. Elles sont liées à certains composants des vaccins pour lesquels les patients vaccinés auraient été sensibilisés précédemment (dans leur vie de tous les jours où lors de vaccinations antérieures incluant le même composé).

Face au risque allergique, nous ne sommes en effet pas tous égaux, et notre patrimoine génétique joue pour beaucoup. Toute réaction allergique (hypersensibilité de type 1) passe par une phase de sensibilisation à l’antigène (la substance reconnue comme étrangère par le système immunitaire, qui déclenche la réaction) - la première fois qu’il est rencontré - puis par une phase de latence. Plus tard, confronté à nouveau au même antigène, l’organisme développe la réaction allergique.

En ce qui concerne les allergies suite à la vaccination contre la COVID-19, celles-ci ont été rapprochées d’une substance, le polyéthylène glycol, présent à faible dose dans une formulation vaccinale. Cette substance, d’usage courant, a été identifiée comme allergène dans de rares cas et aurait posé problème chez des personnes à risque allergique avéré ou non identifié. Aux États-Unis, où plus de 2,1 millions de personnes ont déjà été vaccinées, des réactions allergiques ont effectivement été notées, mais elles sont rares.

Généralement les personnes à risque se connaissent et pour celle-ci il est convient d’être vigilant avec les vaccins à ARNm, tout comme les vaccins plus conventionnels, mais également avec de simples antibiotiques ou même des aliments des plus classiques (arachides, fruits de mer…).

Rapport bénéfice/risque

Un traitement médical n’est jamais un acte anodin et la vaccination ne déroge pas à la règle. Elle doit faire l’objet d’une analyse bénéfice/risque rigoureuse, pour nous-mêmes et pour la collectivité, nationalement et internationalement. Dans le cas de la pandémie actuelle de COVID-19, il est clair que le risque associé à l’emploi des vaccins à ARNm est très faible alors que les risques sanitaires, économiques et sociaux de la crise COVID-19 sont de premier plan.

L’emploi de ces nouvelles armes - suivi de près par les acteurs en charge de la pharmacovigilance - pourrait constituer une avancée importante dans la lutte contre les maladies infectieuses. Et la révolution pourrait ne pas s’arrêter là : en effet, l’ARN pourrait également être utilisé pour lutter contre le cancer, des maladies orphelines, et même contre les allergies !The Conversation

François Meurens, Professeur Immuno-Virologie (DMV-PhD) - Oniris (École nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l'alimentation de Nantes-Atlantique), UMR 1300, Inrae

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Erasmus... plus!

Par Le 27/12/2020

Einen Austausch machen, eine Ausbildung, ein Studium in einem anderen Land machen?

Eine neue, andere Kultur kennen lernen und gleichzeitig neue Freunde finden?

Das ERASMUS-Programm der Europäischen Union bietet diese Möglichkeiten.

Aber ist ein Austausch tatsächlich eine gute Idee, um meinen Beruf und meine Tätigkeit im Berufsleben vorzubereiten?

 

 Erasmus

    Alle Arbeit ist Zusammenarbeit und die Europäische Union ist ein Beispiel für den Erfolg von Zusammenarbeit zur Erarbeitung von Frieden und Wirtschaftsentwicklung.

 

 

Und die gegenwärtige Krise? Die soziale Krise, die wohl auf die COVID-Krise folgen kann?

Brauchen wir mehr Austausch und internationale Zusammenarbeit oder sollten wir doch besser alle zunächst alle in unseren Regionen, Ländern und Landschaften bleiben?

Alle Arbeit ist... Zusammenarbeit.

Wir brauchen darum mehr Europa, mehr Austausch und eine verstärkte internationale Zusammenarbeit.

 

Wir brauchen ERASMUS + .

 

 

 

Etudiants : le programme Erasmus a-t-il démocratisé les séjours à l’étranger ?

En 32 ans, Erasmus a permis à 4,4 millions d'étudiants d'effectuer une mobilité intra-européenne. Shutterstock

Alessia Lefébure, École des hautes études en santé publique (EHESP)

Le 21 mars 2019, le rapport annuel de l’agence européenne Erasmus+ a présenté le bilan du célèbre programme européen d’échanges étudiants en faisant apparaître une augmentation du nombre de bénéficiaires (+33 % entre 2014 et 2017 pour la mobilité sortante depuis la France) ainsi qu’une « démocratisation » sociale du dispositif, désormais ouvert aux étudiants en formation professionnelle et en stage.

Si, depuis la création d’Erasmus, le nombre de candidats n’a cessé d’augmenter, l’Union européenne affiche de façon de plus en plus volontariste l’objectif de permettre à un plus grand nombre encore de jeunes de bénéficier d’une mobilité internationale au cours de leur formation. En mai dernier, la Commission européenne a proposé d’ajouter au budget de l’UE 2019 une enveloppe supplémentaire de 20 millions d’euros pour Erasmus+.


À lire aussi : Erasmus : 30 ans de succès, et ensuite ?


En France, l’augmentation des bourses de mobilité Erasmus figurait dans le programme de quasiment toutes les listes créditées de plus de 5 % d’intentions de vote aux élections européennes du 26 mai 2019 : La France insoumise, Républicains, LREM, Parti socialiste et Place publique. Pourquoi cette mobilité intra-européenne demeure-t-elle si importante et consensuelle ?

Objectif politique

Erasmus est le nom d’un programme d’aide à la mobilité étudiante mis en place par la Commission européenne en 1987. C’est à la fois l’acronyme de son nom officiel (« European Community Action Schema for the Mobility of University Students ») et l’hommage à une grande figure de l’humanisme européen du XVIe siècle, Érasme de Rotterdam, qui, par son ouverture d’esprit, sa maîtrise des langues et des savoirs, ses innombrables voyages d’étude fut surnommé « le précepteur de l’Europe ».

À l’époque de la création du programme, l’objectif est éminemment politique. Il s’agit, par un système de bourses et par un mécanisme d’équivalences entre les cursus, d’encourager les étudiants d’un pays membre de l’UE à partir effectuer un séjour dans une université d’un autre pays membre. Objectif : la constitution d’une identité commune européenne.

À l’instar d’Érasme, les fondateurs du programme comptent sur les vertus de la rencontre inter-culturelle et du décentrage pour renforcer les liens et les capacités de dialogue entre jeunes européens, conjurant ainsi intolérance et conflits. Initialement limité à 11 pays participants (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni) et progressivement élargi aux universités de 34 pays, ce programme a permis en 32 ans à 4,4 millions d’étudiants d’effectuer une mobilité intra-européenne.

Ce nombre ne représente toutefois qu’un très faible pourcentage du groupe cible (environ 1 % de la population étudiante). Car, en dépit de son immense popularité, Erasmus s’est révélé décevant par rapport aux objectifs attendus. De nombreuses études réalisées auprès des bénéficiaires du programme en ont démontré le caractère élitiste.

Outil de distinction

Erasmus est certes formellement ouvert à tous, l’attribution de bourses, devant lever les freins économiques. Les recherches conduites par la sociologue Magali Ballatore auprès des étudiants de trois universités (Bristol, Turin et Aix-Marseille) ont pourtant mis en évidence que des obstacles persistent lorsque les parents sont issus des catégories socio-professionnelles les moins favorisées et les moins éduquées.


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Les inégalités socio-économiques entraînent en effet dès le plus jeune âge de fortes inégalités dans le parcours scolaire. L’exposition linguistique, l’acquisition de compétences que Magali Ballatore appelle « migratoires », expliquant ainsi la sur-représentation parmi les étudiants Eramsus des jeunes issus de milieux aisés et éduqués. S’y ajoutent les inégalités d’accès à certaines filières en fonction de leur prestige, de leur classement et de la réputation du système éducatif du pays visé.

Ainsi, la mobilité Erasmus, pensée et conçue pour tous, peut paradoxalement renforcer les clivages socio-culturels lorsqu’elle est l’instrument de stratégies de distinction des élites. Pour les jeunes déjà dotés d’un important capital socio-culturel, l’expérience Erasmus contribue avant tout à renforcer ce qui est de l’ordre du savoir-être dans un contexte international, puisque l’acquisition des connaissances académiques ou linguistiques a déjà eu lieu.

Dans la ligne de ces recherches, une étude récente conduite dans les grandes écoles d’ingénieurs françaises, à partir des enquêtes annuelles sur la mobilité internationale effectuées par la Conférence des grandes écoles (CGE), a confirmé que les inégalités d’origine conditionnent les opportunités internationales des élèves-ingénieurs.

Puisque l’expérience internationale est devenue une ressource essentielle et distinctive dans tous les secteurs d’activité, la compétition pour les séjours les plus valorisants (longs, diplômants, auprès des universités les plus prestigieuses) se joue au profit des élèves issus de milieux favorisés, leur donnant ainsi un atout supplémentaire lors de l’accès au marché du travail.

Compétitivité européenne

Le discours sur la nécessaire démocratisation de la mobilité émerge et s’impose progressivement avec le passage d’Erasmus à Erasmus+ en 2014, symboliquement marqué par l’ouverture du programme à la formation professionnelle, aux stages et aux personnels enseignants et administratifs des universités.

C’est un changement qui s’inscrit dans le contexte actuel européen, caractérisé par un fort mécontentent social, la perte de confiance des populations dans leurs institutions, la déconnexion entre les élites administrativo-politiques et les électeurs, le besoin de « démocratisation » de toutes les politiques publiques.

Mais le changement de nom va de pair avec un changement d’objectif car le paysage de l’enseignement supérieur a sensiblement évolué en trente ans. Le but initial qui était de forger une culture et une identité européenne par l’augmentation de la circulation des étudiants entre pays membres semble aujourd’hui secondaire.

La mobilité est progressivement entrée dans les mœurs de la jeunesse européenne et toutes les universités du monde offrent aujourd’hui des opportunités de séjour à l’étranger, souvent indépendantes des bourses Erasmus.

L’enjeu du XXIe siècle pour les établissements de l’espace européen est le renforcement de leur attractivité face à la compétitivité d’autres zones. En dépit d’un contexte géopolitique mondial peu propice à la mobilité internationale (politiques d’immigration restrictive, résurgence de mouvements populistes protectionnistes, multiplication d’actes terroristes dans tous les pays) les États-Unis continuent d’être la première destination des flux d’étudiants internationaux.

Profitant d’une croissance économique soutenue au cours des trente dernières années et d’une démographie favorable, la zone Asie a réussi à assurer, par des investissements massifs dans l’éducation et la recherche, l’émergence d’universités de rang mondial et à développer une importante mobilité intra-régionale, privant ainsi l’Europe d’un vivier potentiel de candidats.

L’université est devenue en quelques décennies la pierre angulaire de l’économie de la connaissance et de l’innovation. Pour maintenir sa place dans l’économie mondiale, l’UE a besoin de renforcer leur compétitivité internationale, à la fois pour attirer les talents étrangers et pour endiguer la fuite des jeunes européens vers les autres régions du monde.

C’est pour cela qu’Erasmus+ est étroitement articulé avec Horizon 2020, le programme de l’UE pour la recherche et l’innovation. Ensemble, ils cherchent avant tout à attirer, retenir, mais aussi accroître, par une mobilité intra-européenne renforcée et élargie, l’employabilité des jeunes européens en leur permettant d’acquérir des compétences précieuses à l’ère de la mondialisation.The Conversation

Alessia Lefébure, Directrice adjointe, directrice des études, École des hautes études en santé publique (EHESP)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

APOLLO: Reise zum MOND?

Par Le 21/12/2020

.Warum nur sollte man eine Reise zum Mond organisieren wollen?

 

Was können Menschen durch diese Reise lernen?

Gibt es nicht schon genug Probleme auf der Erde?

Nasa apollo8 dec24 earthrise

 

Und gibt denn keine wichtigeren Probleme weltweit wie den Klimawandel, den Hunger un die Not der Menschen auf allen Kontinenten?

 

Nasa earthrise1 apollo8andersweigang 2048

 

Dieses Bild der Mission von Apollo 8 aus dem Jahr 1968 gibt eine Antwort.

Wir leben auf einem Planeten als Menschheit zusammen und dieses Bild macht das klar.

Alles klar.

 

.

 

 

 

 

Objectif Lune : le temps de la reconquête ?

Eugene Cernan sur la Lune, le 13 décembre 1972, dans le cadre de la mission Apollo 17, dernier vol habité vers le satellite naturel de la Terre. Nasa

Florian Vidal, Université de Paris et José Halloy, Université de Paris

Dans un exercice d’uchronie, la série produite par Apple For All Mankind (2019) imagine un monde où l’Union soviétique aurait été, pendant la guerre froide, la première puissance au monde à envoyer un homme sur la Lune. S’ensuit l’installation de deux bases lunaires par les deux superpuissances rivales, dans une compétition effrénée. Cette production intervient au moment où plusieurs puissances se sont engagées dans une nouvelle course pour la conquête de la Lune.

En 2019, cinquante ans après la mission Apollo 11 qui vit les premiers hommes se poser sur la Lune, les États-Unis en effet ont annoncé leur intention d’y retourner en 2024. À l’ère du New Space, cette nouvelle ambition spatiale reflète non seulement une compétition géostratégique plus intense, marquée notamment par la montée en puissance de la Chine, mais aussi l’avènement d’une dimension plus économique de la conquête spatiale.

Artemis, tête de proue d’une compétition globale

Emblème de ce renouveau, le programme Artemis constitue un consortium international autour des États-Unis et inclut sept autres pays (l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, le Luxembourg et les Émirats arabes unis). Chaque participant devrait contribuer à cette mission en apportant un élément au « puzzle » élaboré par la NASA.

Les États sollicitent largement le secteur privé pour réaliser leurs projets. Pour la conception d’un atterrisseur lunaire humain (Human Landing System, HLS), l’agence spatiale américaine a notamment attribué un contrat de 967 millions de dollars à trois entreprises concurrentes : Blue Origin (579 millions de dollars) ; Dynetics (253 millions de dollars) ; et SpaceX (135 millions de dollars). Au Japon, le groupe Toyota s’est associé à l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA) pour proposer un prototype de véhicule lunaire, habité et pressurisé, afin de participer aux futures missions du programme international.


À lire aussi : L’espace pour tous… ou seulement pour quelques-uns ?


Le programme doit se dérouler en trois phases. Tout d’abord, la NASA programme pour novembre 2021 le vol inhabité Artemis I. Ensuite, la NASA envisage un vol habité, Artemis II, avec pour objectif de positionner le véhicule spatial en orbite autour de la Lune en 2023. Enfin, Artemis III devrait alunir le module lunaire HLS avec deux astronautes à son bord en 2024.

Si Artemis fait grand bruit au sein de la communauté spatiale, la Chine propose également, de son côté, un programme très ambitieux. L’alunissage de l’atterrisseur chinois Chang’e-4 sur la face cachée de la Lune en janvier 2019, première mondiale, démontre les progrès spectaculaires de la République populaire dans ce domaine. Durant l’été 2020, l’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a rappelé l’intention du pays d’établir à partir de 2036 une station scientifique internationale sur la Lune (ILRS). Avant même le déploiement de celle-ci, la Chine entend effectuer des missions humaines sur la Lune au début de la prochaine décennie. Elle souhaite également attirer des partenaires internationaux sur cette station dont l’installation est programmée au pôle Sud. L’agence spatiale russe Roscosmos, qui a finalement décliné toute coopération au sein du programme Artemis, s’est récemment dite prête à s’associer au projet de base lunaire chinois.

Enfin, l’Inde apparaît comme un autre candidat sérieux pour accomplir une mission lunaire. Si le programme spatial indien n’envisage pas, pour l’heure, la construction d’une base lunaire, il prépare ses astronautes à une mission sur la Lune. Cependant, d’importants échecs, comme la mission Chandrayaan-2 où la sonde s’est détruite au moment de son alunissage, freinent son développement. Dans le prolongement de son programme Gaganyaan, l’organisation indienne pour la recherche spatiale (Isro) a prévu de développer des fusées suffisamment puissantes pour permettre un voyage vers la Lune. Cependant, celui-ci n’interviendra pas avant la prochaine décennie.

S’installer sur la Lune, pour quoi faire ?

Quels facteurs expliquent cet enthousiasme renouvelé pour la conquête lunaire ?

Tout d’abord, le satellite naturel de la Terre apparaît comme un passage nécessaire dans la perspective d’une future mission habitée pour Mars. Autrement dit, il représente une rampe de lancement permettant de consommer moins de carburant à partir d’un point de départ lunaire ou en orbite. Il faciliterait ainsi des missions habitées vers d’autres points du système solaire. En outre, certains estiment que la Lune pourrait servir de terrain d’entraînement pour les astronautes afin d’établir une présence humaine permanente sur la longue durée, comme en Antarctique avec des hivernages de neuf mois. De même, des missions lunaires conduiraient à effectuer des tests de nombreux équipements, comme des véhicules habités ou ceux liés à une base permanente. Cependant, les différences qui existent entre les environnements planétaires limitent la validité de cette hypothèse. Mars, contrairement à la Lune, possède une atmosphère qui change les conditions d’accès. Pour l’heure, ces projets restent de l’ordre de la science-fiction.

Autre argument invoqué : la présence de ressources sur la Lune justifierait l’établissement durable d’une présence humaine. Bien que personne ne connaisse réellement la possibilité et la rentabilité d’hypothétiques activités minières sur le sol lunaire, certains groupes d’intérêt comme Planetary Society avancent la présence significative de ressources qui favorisent une telle entreprise. Les ressources en question sont essentiellement l’eau et l’hélium-3.

D’une part, ces dernières années, des découvertes ont indiqué d’importants dépôts d’eau à l’état solide dans les grands cratères situés de manière permanente aux pôles de la Lune, à l’ombre du Soleil. Ainsi, dans une multitude de microcratères, 60 % des dépôts seraient localisés dans le pôle Sud comme de récentes études l’ont révélé. Bien que personne ne s’aventure à donner des estimations précises, certains avancent un volume d’eau compris entre 100 millions et un milliard de tonnes pour chacun des pôles. À ce titre, le choix de la NASA d’installer la future base lunaire dans cette région de la Lune accrédite l’hypothèse d’une extraction de cette ressource essentielle pour pérenniser une présence humaine. Pour l’heure, toutefois, au-delà de la confirmation de la présence de la glace d’eau, la détermination de sa morphologie, concentration, distribution et abondance demeure indispensable, car le coût énergétique de son extraction dépend de sa nature. Ces données déterminent la concrétisation d’une présence humaine durable et l’exécution d’un plan d’exploitation de la ressource.

D’autre part, le sol sélène recèlerait d’importantes réserves d’hélium-3 (3He), dont le volume représenterait près de 2,5 millions de tonnes selon des chercheurs russes. Cet isotope non radioactif, rare sur Terre, pourrait potentiellement servir comme combustible pour des réacteurs à fusion nucléaire. Mais de tels réacteurs n’existent pas encore, et peu de gens se risquent à faire des pronostics sur le moment de leur avènement. Très hypothétique à ce jour, l’utilisation de l’hélium-3 à très long terme nécessiterait de concevoir un mode d’extraction rentable avec une infrastructure adéquate, et de pouvoir effectuer le transport vers la Terre.

Par ailleurs, l’exploitation minière soulève des enjeux juridiques majeurs alors que les États-Unis n’ont pas signé, au même titre que la Chine et la Russie, le traité sur la Lune (1979). Le 6 avril 2020, le président Donald Trump a publié un Executive Order dans lequel les États-Unis ne considèrent pas l’espace extra-atmosphérique comme un « bien commun mondial ». Les États-Unis souhaitent utiliser les ressources présentes, dont celles de la Lune.

 

Enfin, la NASA a dévoilé dans son programme Artemis l’architecture LunaNet, qui vise à développer un réseau de transferts de données similaire à celui en place sur Terre. Ce dispositif faciliterait le transfert de données entre la Terre et la Lune, ce qui permettrait notamment d’alerter les astronautes en temps réel lors de la survenue d’éruptions solaires par le biais d’instruments de météorologie spatiale. Complétée par des services de positionnement, de navigation et de datation, cette architecture sécuriserait les activités humaines sur la Lune.

Les limites d’un projet pharaonique

Revenir sur la Lune implique des efforts budgétaires significatifs alors que les conséquences de la pandémie de Covid-19 pourraient durablement affaiblir les économies mondiales. Pour le secteur spatial, ses effets à moyen terme demeurent imprévisibles. Le budget 2021-2025 de la NASA pour le programme Artemis est assuré jusqu’en 2024, avec un montant de 28 milliards de dollars, dont 16 milliards exclusivement consacrés au module d’atterrissage lunaire.

Sur le plan politique, ce programme diffère de celui d’Apollo. Dans les années 1960, les États-Unis cherchaient à affirmer leur statut de superpuissance et le programme, dès son lancement, avait bénéficié d’un soutien politique bipartisan. Le programme actuel initié par la NASA, très coûteux, dépend du soutien du Congrès et des évolutions politiques américaines à long terme. Dès lors, ce programme nécessite pour sa réalisation un ancrage politique durable, ce que la Chine a réussi à établir depuis 2003 avec son programme d’exploration lunaire.

Aux incertitudes financières, s’ajoutent des verrous techniques et logistiques qui freinent la réalisation éventuelle des différents projets envisagés, à commencer par ceux liés à l’exploitation minière. Malgré les ambitions grandioses, l’absence d’infrastructures existantes complique la définition des plans d’action concrets réalisables.

Au début des années 2010, une bulle spéculative s’est formée concernant l’exploitation minière sur les astéroïdes. Cela permit, en 2016, à la société luxembourgeoise Planetary Resources d’obtenir auprès d’investisseurs privés une promesse de 50 millions de dollars après un tour de table pour cet ambitieux projet. Toutefois, l’argent de cette collecte de fonds n’est jamais arrivé, et le modèle économique de cette start-up n’a pas résisté. En 2018, ConsenSys, entreprise spécialisée dans la blockchain, rachète cette société et réduit progressivement les projets sensationnels. Pour la Lune, un appel d’air similaire existe à présent avec la société américaine Moon Express qui a levé 65,5 millions de dollars pour mener des vols commerciaux. La société japonaise Ispace a réuni 122,2 millions de dollars pour y exploiter des ressources.

Ces percées parmi les investisseurs privés représentent-elles une bulle spéculative ou s’inscrivent-elles dans une stratégie de très long terme où leurs contributions deviendraient indispensables pour les agences spatiales ?The Conversation

Florian Vidal, Associate Fellow, Université de Paris et José Halloy, Professeur de physique, Université de Paris

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

Demokratie? Demokratie braucht internationale Zusammenarbeit.

Par Le 14/12/2020

 

Die Situation in Südamerika ist eine Warnung für alle Demokraten... weltweit.

Die Frage stellt sich: Warum entsteht eine Situation, in der die Demokratie sich nicht langfristig entwickeln kann?

Welche Gründe zeigen sich durch die historische Entwicklung? Und was können wir in Europa unternehmmen, um eine positive Entwicklung der Situation zu fördern?

 

 

 

La démocratie en Amérique latine ou le syndrome de Sisyphe

Frédéric Louault, Université Libre de Bruxelles (ULB)

Depuis leurs Indépendances, les États d’Amérique latine sont tiraillés entre autoritarisme et démocratie. Le XXe siècle a été caractéristique de ces tensions. Des caudillos aux dictatures, en passant par les expériences populistes et les soulèvements révolutionnaires, l’Amérique latine est devenue un véritable laboratoire pour l’étude des changements de régime.

De l’autoritarisme à la démocratie ?

Les tentations autoritaires ont souvent englouti les élans démocratiques, comme entre les années 1962 et 1968, durant lesquelles pas moins de onze présidents arrivés au pouvoir légalement ont été renversés par des coups d’État. Après les dictatures militaires des années 1960-1970, la région connaît une nouvelle poussée démocratique.

Malgré la pression exercée par les mouvements populaires, la reconstruction des démocraties se fait essentiellement par le haut, via des pactes politiques entre les élites civiles et militaires. Les mauvaises performances économiques et sociales des jeunes démocraties (crises économiques, pauvreté, inégalités) engendrent un rapide désenchantement des populations. Une vague de populisme néolibéral déferle sur la région dans les années 1990, symptomatique de ce rapport ambivalent à la démocratie.

Élection d’Hugo Chavez – Archive vidéo INA.

Au tournant des années 2000, le pari démocratique semble pourtant porter ses fruits. Des élections compétitives provoquent des alternances politiques inédites, portant au pouvoir des dirigeants progressistes, sans que les résultats soient contestés : Hugo Chávez au Venezuela (1999), Lula au Brésil (2003), Néstor Kirchner en Argentine (2003), Tabaré Vázquez en Uruguay (2005), Michelle Bachelet au Chili (2006), Evo Morales en Bolivie (2006), Rafael Correa en Équateur (2006), Fernando Lugo au Paraguay (2008), Mauricio Funes au Salvador (2009).

Evo Morales : le premier président indigène de la Bolivie.

Il s’agit souvent d’alternances par défaut : les électeurs sanctionnent avant tout les politiques néo-libérales de la séquence précédente. Cette « vague rose » pacifique n’en est pas moins interprétée comme un printemps démocratique à retardement. Qui plus est, elle coïncide avec un nouveau cycle de croissance économique dans la région (qualifié de « décennie dorée »), alimenté par les cours élevés des matières premières exportées.

Le développement économique nourrit la stabilité politique. Des relents autoritaires nourrissent encore les vies politiques locales et nationales. Mais le Zeitgeist est à l’optimisme. La plupart des observateurs parlent plutôt « d’héritages » autoritaires, que les démocraties latino-américaines, dorénavant perçues comme consolidées, devraient gérer puis digérer.

Vers des démocraties durables ?

Vingt ans après, où en sont les démocraties d’Amérique latine ? Et quelles sont les perspectives pour les années, voire les décennies à venir ? Le nouvel élan démocratique qui a marqué l’entrée dans le XXIe siècle marque-t-il un point de non-retour ?

La politique latino-américaine ne se résume bien sûr pas à une série de ruptures. L’étude des régimes politiques nous invite à distinguer et articuler deux critères fondamentaux : les conditions d’accès au pouvoir (c’est à ce niveau que l’on croit observer des basculements) ; et les modalités d’exercice du pouvoir. Nombre de dirigeants élus démocratiquement ont développé, une fois au pouvoir, des pratiques politiques empreintes d’autoritarisme, et inversement. Gardons-nous aussi d’opposer frontalement les types de régimes. La science politique nous a montré à quel point les frontières entre démocratie et autoritarisme peuvent être floues et poreuses.

Un rapide regard sur la période 2000-2020 en Amérique latine met à jour la difficulté d’ancrer la démocratie au cœur même du pouvoir (tant au niveau des représentations que des pratiques). L’euphorie démocratique du début de siècle aura même été de courte durée… Il a fallu moins d’une décennie pour que les premiers signes d’une résilience autoritaire se fassent sentir.

Le 28 juin 2009, un coup d’État militaire chasse du pouvoir le président du Honduras, Manuel Zelaya, dont le rapprochement avec Hugo Chávez et les velléités de maintien au pouvoir ont attisé l’inquiétude des secteurs conservateurs. Ce basculement politique est d’abord interprété comme un épisode isolé, répondant à une conjoncture nationale spécifique. Pourtant, Hugo Chávez avait lui-même essuyé une tentative de coup d’État en 2002 (puis Rafael Correa en essuiera une en 2010. Sur fond d’un ralentissement économique régional et d’une multiplication des scandales de corruption, l’instabilité politique fait ensuite tâche d’huile, mettant au défi les équilibres démocratiques dans la plupart des pays de la région.

Cette nouvelle instabilité prend différents habits : dérives vers des régimes autoritaires et répression systématique des opposants au Venezuela au Nicaragua ; destitutions abusives de présidents par leurs Congrès au Paraguay (2012) au Brésil (2016) et au Pérou (2020) ; réélections contestées de présidents accusés d’avoir manipulé les règles électorales au Nicaragua (2011 et 2016), au Honduras (2018), au Venezuela (2018) et en Bolivie (2019) ; démissions sous contrainte de présidents en exercice au Guatemala (2015), au Pérou (2018) et en Bolivie (2019).

Dans plusieurs pays, la contestation populaire de la légitimé des gouvernants a également engendré une intense répression policière, marquée par des violations des droits humains. Ce fut le cas notamment au Chili et en Colombie lors des mouvements sociaux de 2019 et 2020.

Le syndrome de Sisyphe

Si la démocratie avait été réinstaurée par le haut dans les années 1980, c’est aussi par le haut que les procédures démocratiques sont maintenant mises à l’épreuve. Les élites politiques peinent à accepter les règles du jeu démocratique lorsque celles-ci leur sont défavorables. Certains groupes progressistes issus du virage à gauche s’accrochent au pouvoir, quitte à renier les valeurs qu’ils avaient défendues par le passé. Estimant que leur projet réformateur déborde le temps démocratique (et donc le cadre légal des mandats), certains ont joué aux apprentis sorciers : ils ont ouvert la boite de Pandore de l’ingénierie institutionnelle afin de pouvoir se maintenir au pouvoir.

Quant aux élites conservatrices, elles avaient toléré les alternances électorales au début des années 2000 mais n’ont jamais envisagé de stagner dans l’opposition. Lorsqu’elles voient leurs intérêts menacés, l’objectif de reconquête du pouvoir passe au premier plan, quitte à puiser dans la panoplie des outils non démocratiques pour provoquer l’alternance. L’Amérique latine est prise dans le syndrome de Sisyphe : après avoir porté les valeurs démocratiques sur les sentiers escarpés de l’autoritarisme, ses élites relâchent leur étendard et retournent au point de départ.

Ce comportement ambivalent vis-à-vis des procédures démocratiques, couplé aux mauvaises performances économiques durant les dernières années, a alimenté une nouvelle spirale de déception et de défiance parmi les populations latino-américaines. D’après les enquêtes du Latinobarómetro, le soutien à la démocratie en Amérique latine a d’abord grimpé de 48 % en 2001 à 61 % en 2010, pour retomber à une moyenne régionale de 48 % en 2019 (-13 points). La satisfaction envers la démocratie est quant à elle est passé de 25 % en 2001 à 44 % en 2010, pour retomber à 24 % en 2019 (-20 points). C’est le plus mauvais score depuis la création de l’indicateur en 1995. Les niveaux les plus élevés se trouvent en Uruguay (47 %) et au Costa Rica (45 %), tandis que le Pérou (11 %) et le Brésil (9 %) ferment la marche. Ces deux pays ont été touchés ces dernières années par une forte instabilité politique, d’importants scandales de corruption et une polarisation croissante de la société.

Les populistes s’imposent

Les mutations actuelles ne laissent pas présager un nouveau revirement dans les prochaines années. Le dernier cycle électoral a ainsi favorisé l’émergence de figures populistes aux accents autoritaires, qui contribuent à faire imploser les systèmes partisans : Andrés Manuel López Obrador au Mexique (2018), Jair Bolsonaro au Brésil (2018), Nayib Bukele au Salvador (2019).

Alors que le président salvadorien dynamite les relations exécutif/législatif, Bolsonaro exprime régulièrement sa nostalgie des dictatures militaires et ne ménage pas ses efforts pour militariser son gouvernement (6157 militaires assument des fonctions au sein du pouvoir exécutif en 2020, contre 2765 en 2018). Et le Brésil n’est pas une exception : l’influence croissante des militaires est manifeste – sans être toujours visible – dans de nombreux pays de la région.

Bolsonaro poursuit l’apologie de la dictature militaire.

Les turbulences politiques récentes de l’Amérique latine nous incitent donc à explorer, avec une certaine inquiétude, la zone grise entre autoritarisme et démocratie. La crise sanitaire de 2020, qui a porté un nouveau coup aux économies de la région et a érodé encore la légitimité des gouvernants, risque d’amplifier cette tendance à l’instabilité, en nourrissant à court terme l’offre politique antisystème. À l’horizon 2030, une reprise soutenue de l’activité économique et une affectation moins inégalitaire des fruits de la croissance pourraient néanmoins servir le dessein de nouveaux Sisyphe de la démocratie, à la faveur d’un renouvellement générationnel. Ces futures élites, qui ont été socialisées en démocratie au tournant du XXIe siècle, auront pour défi de donner un sens concret aux valeurs démocratiques.


Cet article s’inscrit dans le cadre d’une réflexion collective de synthèse et prospective « 20 ans déjà, 20 ans demain. 2000-2020-2040 » sur quelques évolutions politiques majeures à l’occasion des 20 ans du Cevipol.The Conversation

Frédéric Louault, Chercheur en Science Politique , Université Libre de Bruxelles (ULB)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

ARTE: Voyagers Reise in die Unendlichkeit

Par Le 11/12/2020

Forschung und Technik wollen alte Fragen beantworten.

Sind wir allein in diesem Universum?

Ist die Antwort auf diese Frage wirklich wichtig?

Oder ist die Suche nach einer Antwort auf diese Frage ... wichtig?

Oder ist die Arbeit an der Suche nach einer Antwort letztendlich wichtig?

Denn eine Antwort auf diese Frage können wir nur durch Wissenschaft und Forschung finden

und erfolgreiche Wissenschaft braucht internationale Zusammenarbeit und ... Frieden.

 

 

 

 

Mathematik: Wurzeln+Flügel!

Par Le 09/12/2020

Mathematik... macht keinen Spaß? 

 

Dann hat man etwas nicht verstanden. 

Zahlen  zeigen Formen und die Elemente, aus denen diese Formen entstehen.

Musik ist ...Mathematik. Und Mathematik ist... Musik.

 

 

 

Six façons de faire aimer les maths à votre enfant

Les cours qui s'appuient sur des références concrètes aident les enfants à se sentir plus à l'aise. Shutterstock

Sue Johnston-Wilder, University of Warwick et Davide Penazzi, University of Central Lancashire

Selon la dernière enquête TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study), publiée mardi 8 décembre 2020, les performances en mathématiques des jeunes Français se situent en-deça de la moyenne de l'OCDE. Il apparaît que la confiance en soi et la motivation des élèves à l'égard de cette discipline se dégradent fortement entre le CM1 et la quatrième. Afin de les aider à changer d'état d'esprit ou à partir du bon pied dès l'entrée en primaire, nous vous proposons de relire ces quelques clés pour rendre l'apprentissage ludique.


Il est fréquent de voir les maths comme une matière difficile d’accès et, en définitive, assez ennuyeuse. Le simple fait d’en parler peut suffire à déclencher des réactions négatives chez vos interlocuteurs, comme le constatent de nombreux mathématiciens, lorsque surgit dans un événement mondain la question redoutée : « Que faites-vous dans la vie ? »

Pour beaucoup, les leçons de maths à l’école marquent un point de bascule : c’est là que la moindre curiosité qu’ils pouvaient ressentir vis-à-vis de cette matière tourne au désintérêt. Et, finalement, les maths deviennent un domaine d’études dont beaucoup de gens ne veulent plus entendre parler pour le restant de leurs jours. Une part non négligeable de la population, au moins 17 % – et peut-être beaucoup plus suivant l’approche statistique choisie – développe une anxiété vis-à-vis des maths. Il s’agit d’une crainte paralysante face à la moindre tâche impliquant des nombres, ce qui aboutit à une sous-performance chronique dans toute question nécessitant le recours aux mathématiques.

A l’autre bout de l’échelle, les professionnels des maths voient cette discipline comme quelque chose d’amusant, d’engageant, de stimulant et de créatif. Et en tant que passionnés de maths, nous voudrions essayer de prendre en compte ces différences radicales de perception, pour permettre à tout le monde d’apprécier la beauté et la puissance de cette discipline. Voici donc nos six conseils pour aider vos enfants à retrouver le goût des maths.

Concentrez-vous sur le « pourquoi » des choses

Eddy Woo, un professeur australien, a fait sensation sur Internet avec sa manière entraînante d’aborder les maths. Il part des concepts et, au moyen d’images et de graphiques, en expose les enjeux théoriques.

Il ne demande pas à ses étudiants de faire des exercices répétitifs mais de travailler avec lui à développer leur intuition. Et il pose la question la plus cruciale qu’un élève puisse soulever : « Pourquoi ? » Dans tous ses cours, on peut entendre les « oh » et les « ah » de ses étudiants lorsqu’ils viennent de comprendre une nouvelle notion.

Faites référence au quotidien

Traditionnellement, les mathématiques sont enseignées sur un mode assez balisé, à base d’apprentissages par cœur et d’étude individuelle. Certains étudiants s’épanouissent dans ce système, d’autres – ceux qui typiquement ont besoin de plus d’empathie, souvent les filles – trouvent cette approche trop abstraite, déconnectée de leurs valeurs et de leur réalité.

Relier les concepts mathématiques à des applications réelles peut donner du sens aux cours et aux leçons, et inciter les étudiants à fournir l’effort nécessaire à la compréhension. Les dérivées, par exemple – utiles pour calculer des taux de variation – peuvent être présentées comme un moyen de calculer des pentes, et les pentes font partie de la vie quotidienne – pensez aux pistes de skate et à la grande colline que vous parcourez à vélo.

Reconnaissez le défi que cela représente

L’effort fait partie de l’apprentissage. Cela peut être stimulant mais peut quelquefois engendrer du stress, de la frustration et des accrochages. Cela peut créer un environnement complexe pour des enfants. Mais c’est aussi là que la ténacité et la persévérance seront récompensées quand une nouvelle notion est acquise.

A chaque succès, les étudiants se confortent dans l’idée qu’ils sont capables de progresser en maths. Ainsi, l’apprentissage des maths peut se comparer à l’ascension d’une montagne : beaucoup d’efforts, mais aussi des moments très gratifiants.

Instaurez une dynamique de groupe

Certaines personnes aiment escalader des montagnes en solitaire alors que d’autres préfèrent le faire en bonne compagnie, pour partager les efforts. De même, certains sont contents d’étudier les maths par eux-mêmes, tandis que d’autres ont besoin de plus d’aide pour affronter ce défi. La recherche montre que les étudiants qui échouent en maths sont ceux qui sont les plus affectés par les réactions de leur entourage : parents, profs et médias.

Donnez de l’importance aux maths

Étant donné que l’anxiété vis-à-vis des maths peut se diffuser d’une génération à l’autre, les parents ont clairement un rôle à jouer pour faire en sorte que leurs enfants ne soient pas paralysés à la seule pensée des nombres. C’est important : un parent qui apprend comment éviter de transmettre la peur des maths à son enfant lui donne la chance de découvrir une très belle discipline et d’accéder à des emplois parmi les mieux payés et les plus intéressants.

Créez des liens

Quand il s’agit de maths, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la classe, on ne devrait pas mettre l’accent sur le seul aspect numérique mais aussi sur des questions connexes, comme d’autres domaines d’études ou des applications de la vie quotidienne. Cela aide les enfants à envisager les maths comme une pratique sociale, où la discussion des problèmes avec les camarades de classe, les enseignants et les parents devient la norme.The Conversation

Sue Johnston-Wilder, Associate Professor, Mathematics Education, University of Warwick et Davide Penazzi, Lecturer in Mathematics, University of Central Lancashire

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


 

Trauer in TRIER.

Par Le 03/12/2020

 

 

Trauer in trier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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