Deutschunterricht mit Internet

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Es gibt... interssante Videos: ARTE.

Par Le 24/11/2020

VIDEOs mit YouTube? 

Es gibt eine Menge von Unsinn im Internet und bei YouTube findet man davon mehr als genug. Und gleichzeitig gibt es interessante Informationen.

Hier findet man eine Auswahl.

 

 

 

 

 

FAKE News: Holt-up.

Par Le 19/11/2020

Film und Fernshen sind execellente Mittel, um Propaganda zu transportieren.

Das Werbefernsehen zeigt uns jeden Tag wie man Menschen durch Bild und Ton, durch den Einsatz von Montagetechniken manipulieren kann. Medienkritik und die Analyse der benutzten Techniken ist darum wichtig.

Eine wissenschaftliche Arbeitweise braucht also zunächst die Frage nach den Quellen:

--  Woher kommen die Informationen, die die gemachten Aussagen begründen sollen?

--  Wie werden diese Information übermittelt?

--  Was sind die Ziele der Darstellung?

--  Handelt es ich um Information oder Propaganda?

Information will Diskussion und und Gespräche auslösen, Propaganda produziert Gefühle, Hass, Emotionen und unbestreitbare Überzeugungen.

Propaganda ist darum ... Unsinn.    Brandolini

und Propaganda ist gefährlich für die Demokratie.

 

 

« Hold-up » : les huit personnages clés qui font une bonne théorie du complot

Pendant 2h40, le film dénonce, pêle-mêle, le gouvernement français, la communauté scientifique, les médias, les laboratoires pharmaceutiques ou encore les Gafam. Capture d'écran YouTube

Mathieu Alemany Oliver, TBS Business School

Le 11 novembre dernier était mis en ligne le documentaire Hold-up : retour sur un chaos, pamphlet de près de 2h40 rendu possible en grande partie grâce au financement participatif. En pleine crise sanitaire liée à la Covid-19 et à un moment de l’année critique (et donc émotionnellement fort) à la fois pour les commerçants et les familles avec l’approche des fêtes de fin d’année, Hold-up dénonce la mauvaise gestion de la pandémie par le gouvernement ainsi que les incohérences, les mensonges et manipulations de la communauté scientifique, des médias, des géants du numérique (« big tech ») ou encore des laboratoires pharmaceutiques (ou « big pharma »).

En filigrane, c’est la possibilité d’un nouvel ordre mondial imminent (cher aux complotistes) – dans lequel les élites élimineraient une partie de l’humanité – qui est susurrée à l’oreille des spectateurs. Les auteurs détournent notamment pour cela la notion de great reset qui correspond à l’engagement du Forum économique mondial à rebâtir un système économique plus juste, plus durable et plus résistant. Cette « grande réinitialisation » devait être le thème principal de l’édition 2021 prévue comme tous les ans à Davos en Suisse.

En psychologie, la croyance en une théorie du complot tend aujourd’hui à être comprise comme le résultat de mécanismes cognitifs commun à tous. Alors que nous avons tous besoin de comprendre notre environnement (besoin épistémique), de s’y insérer sereinement (besoin existentiel) et de le partager (besoin social), la théorie du complot nous promet de répondre à ces besoins de manière simple et efficace. Par une simplification du réel, elle nous permet de rapidement comprendre comment fonctionne le monde, provoquant ainsi un sentiment de contrôle, tout en rencontrant d’autres complotistes et formant ainsi un cercle social valorisant.

L’engagement de « great reset » formulé par le Forum économique mondiale (ici, son président Klaus Schwab lors de l’édition 2020) est interprété comme un plan pour faire disparaître une partie de l’humanité dans le documentaire. Fabrice Coffrini/AFP

Récemment, de nouvelles recherches ont commencé à s’intéresser à la structure narrative des récits complotistes en s’inspirant des travaux du linguiste et sémioticien d’origine lituanienne Algirdas Julien Greimas. Des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et Berkeley (UCB) suggèrent ainsi que les théories du complot se caractérisent par un nombre relativement faible d’acteurs, une multitude de sujets interconnectés rendant la structure narrative moins rigide et plus fragile, mais plus facilement adaptable à toute nouvelle histoire.

Dans la continuité de cette recherche, mes travaux sur les théories du complot liées au monde affaires mettent en avant l’existence d’une structure narrative commune aux récits complotistes étudiés, dans laquelle se retrouve toujours les mêmes huit personnages et des possibilités d’actions qui leur sont propres. Le film Hold-up et sa théorie du great reset ne dérogent pas à la règle.

Un mélange de vrai et de faux

Les théories du complot, comme les productions littéraires et cinématographiques ordinaires, proposent une diégèse, c’est-à-dire un univers fictif permettant de mieux situer l’action, de croire en l’authenticité des personnages, d’expliquer ou encore de justifier leurs pensées, leurs personnalités ainsi que leurs actions et interactions. Cet univers doit être le plus crédible possible car il détermine par la suite la crédibilité des acteurs et leurs arguments.

Hold-up, comme de nombreuses théories du complot, fait plonger le spectateur dans le décor d’une société inégalitaire, binaire (bien/mal, dominant/dominé, etc.), sous contrôle, dans laquelle l’idée de contrat social est désuète. Cet univers laisse entrevoir l’avènement proche d’un état de nature hobbesien où nous ne nous devons rien, où c’est la guerre de tous contre tous (d’ailleurs, le titre lui-même mentionne « le chaos »). Cet univers est d’autant plus crédible pour les spectateurs qu’il peut aisément prendre l’apparence du marché, empreint de l’idéologie néolibérale où priment l’individualisme et la compétition.

Pour que l’univers proposé dans Hold-up soit crédible rapidement, les réalisateurs commencent en outre leur propos par l’intervention d’« experts » (catégorie qui ne cesse pourtant d’être délégitimée et accusée tout au long du film de jouer le jeu des bénéficiaires du complot). On voit ainsi un enseignant-chercheur de renom, Michael Levitt, prix Nobel de chimie, apparaître dès les premières minutes.

L’intervention de l’« expert » Michael Levitt, prix Nobel de chimie, vise à légitimer le propos. Capture d’écran YouTube

On y voit également une mention selon laquelle « 5 232 habitants de la Terre » ont participé à ce film, soit des personnes lambda, comme nous. En faisant cela, les réalisateurs nous donnent symboliquement la possibilité d’entrer dans l’univers qu’ils s’apprêtent à présenter puisqu’il devient socialement plus acceptable. Le spectateur se retrouve par la suite et pendant environ deux heures face à un flot d’informations dans lequel le faux est mélangé au vrai pour que le faux semble un peu plus vrai.

Dans une ère post-vérité où les appels à l’émotion et aux croyances personnelles semblent avoir plus d’influence que les faits objectifs, l’espace du plausible créé par l’imbrication du vrai et du faux crée une mécanique complotiste parfaitement huilée et contribue à installer l’univers fictif du récit.

« Quand est-ce que les gens vont ouvrir les yeux ? »

Le flot d’informations en continu (et pendant deux heures) peut ensuite amener le spectateur à se retrouver en situation de surcharge cognitive pendant laquelle il n’est plus en capacité de traiter l’information correctement. Dans le même temps, la charge affective contenue dans les informations données devient de plus en plus importante et donc désagréable.

In fine, le spectateur peut donc se retrouver dans l’incapacité de réfléchir raisonnablement tout en ressentant le besoin d’évacuer la surcharge affective. C’est alors que la théorie du complot liée au great reset est proposée pour relier entre elles et comprendre toutes les informations reçues, tout en permettant de se libérer en partie de la composante affective (telle que la colère, le dégoût, la tristesse) en la rejetant sur des acteurs identifiés (par exemple le Forum économique mondial et les élites de manière plus générale dans le cas du film Hold-up).

Le spectateur est alors prêt à entrer dans le récit et à jouer le rôle d’un des personnages récurrents des théories du complot. Ces personnages sont au nombre de huit :

  • Le bénéficiaire, à la source du complot et celui à qui profite en priorité le crime. Comme souvent, il s’agit d’une entité abstraite tel un ordre mondial, ou « un gouvernement mondial » comme dans Hold-up. L’objectif reste généralement le maintien des élites, de « ceux qui ont des privilèges » en contrôlant toujours plus la population (par exemple en intégrant des composants électroniques dans le cerveau comme serait en train d’y travailler le patron de Tesla Elon Musk – toujours selon le film Hold-up).

  • Le volontaire, complice principal du « bénéficiaire ». Ce personnage participe directement et volontairement à la bonne conduite de l’agenda du « bénéficiaire ». Dans Hold-up, on y retrouve entre autres les gouvernements et scientifiques corrompus, les laboratoires pharmaceutiques, l’Institut Berggruen et ses membres, les Gafam et les « libertariens » qui les dirigent, à savoir des individus « qui ne doivent rien à personne ». On est donc tout à fait en harmonie avec l’univers fictif décrit plus haut.

  • L’épargné, complice passif du « bénéficiaire ». Ce personnage est au courant des actions des « volontaires » et « bénéficiaires », mais choisit d’accepter et se taire car c’est dans son intérêt (il est donc épargné par les « volontaires » et « bénéficiaires »). Il peut par exemple s’agir d’une partie de la population préférant consommer des objets connectés par plaisir tout en sachant qu’ils contribuent à l’accumulation de données personnelles et au contrôle de la population.

  • Le prisonnier, complice forcé du « bénéficiaire ». Ce personnage est au courant du complot et souhaiterait le dénoncer ou le combattre mais est dans l’obligation de se taire et de travailler au service des « volontaires » et « bénéficiaires ». Bien que ce ne soit pas très clair dans Hold-up, la position d’Anthony Fauci, immunologue nommé à la cellule de crise du gouvernement américain pendant la pandémie, pourrait être celle du « prisonnier » en agissant contre sa volonté.

  • L’ignorant, soit celui qui n’est pas au courant du complot et qui souvent participe à l’agenda du « bénéficiaire » à son insu. Ce personnage représente la vaste majorité de la population et c’est essentiellement pour lui que le film Hold-up est réalisé. D’ailleurs, comme leur dit Nathalie Derivaux, la sage-femme, à la fin du film : « Quand est-ce que les gens vont ouvrir les yeux et réagir ? ».

Dans la construction narrative, Nathalie Derivaux endosse le rôle de « l’ignorant » qui prend conscience du complot : la sage-femme représente ainsi la majorité de la population qui subit la machination à son insu et mérite d’être au courant de la vérité.
  • La cible, à l’origine de la dénonciation du complot et visée par les « bénéficiaires » et « volontaires ». Son objectif est d’éclairer les « ignorants » et protéger les « collatéraux ». Les réalisateurs, producteurs, intervenants du film Hold-up, ou encore les complotistes qui partagent et tentent de convaincre leur entourage sont des « cibles ».

  • Le collatéral, qui soutient la « cible » tout en évitant d’être identifié comme « cible ». Ce personnage peut par exemple être le spectateur qui finit par croire en la théorie proposée par la cible dans Hold-up, sans pour autant en faire la promotion.

  • L’innocent, qui est au courant du complot mais préfère ne pas prendre part à l’affrontement en s’isolant et restant en marge de la société. C’est le personnage le moins présent dans les récits complotistes.

Ces huit personnages habitent l’univers fictif mis en scène dans les récits complotistes. Ils ont des fonctions structurantes précises au sein du récit, avec des champs d’actions prédéterminés qui peuvent par la suite directement influencer le comportement des complotistes dans leur vie quotidienne.

Par exemple, dans le cadre des théories complotistes liées au compteur électrique Linky, plusieurs personnes ne voulant pas le compteur Linky chez elles et identifiées comme des « collatérales » se sont fait aider par des membres de collectifs anti-Linky, c’est-à-dire des « cibles », pour empêcher leur installation.

L’UE face à la loi du marché

Alors que Google et Facebook investissent des sommes considérables pour lutter contre les fake news comme l’impose l’Union européenne, l’audience du film Hold-up, qui se chiffre en millions de vues en quelques jours, interroge. Ce succès révèle en effet que les algorithmes des réseaux sociaux suivent toujours la logique de marché et continuent d’afficher ce qui est susceptible de plaire à l’utilisateur (et donc d’être cliqué). Dès lors, en créant des « bulles de filtre », Internet et les réseaux sociaux continuent de jouer un rôle décisif dans le succès des théories du complot.

Là où, sans Internet, une personne aux idées complotistes aurait pu se retrouver seule pendant un moment avant de trouver une personne qui partage ses idées, les réseaux sociaux permettent aujourd’hui de trouver des centaines de personnes en quelques minutes qui penseront comme nous. Au lieu d’être mises à l’épreuve, nos façons de penser sont alors renforcées.

Un élément clé de cette lutte contre les fake news réside dans la pédagogie pour permettre aux citoyens de reconnaître ces logiques narratives qui expliquent le succès des théories du complot. Une tâche qui reste toutefois particulièrement ardue, notamment parce que ces efforts de pédagogie proviennent le plus souvent d’institutions remises en causes – et donc en perte de légitimité. Mais aussi parce que, comme le stipule la loi de Brandolini (ou principe d’asymétrie des baratins), l’énergie nécessaire pour déconstruire « le baratin » reste toujours supérieure à celle mobilisée pour la produire…The Conversation

Mathieu Alemany Oliver, Professeur en comportement du consommateur et marketing, TBS Business School

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

HUNGER und Not in der Welt.

Par Le 17/11/2020

Hunger und Not in der Welt sind eine Gefahr für alle Menschen, ganz gleich auf welchem Kontinent man lebt.

Gewalt und Ungerechtigkeit bilden den Boden auf dem Terrorismus sich entwickelt.

Die wirtschaftlichen Probleme und die Not der Menschen sind Gegner einer demokratischen Gesellschaft. Die Welt braucht darum weltweite Zusammenarbeit und den gemeinsamen Einsatz aller Staaten und Organisationen gegen Hunger und Not.

 

 

 

Prix Nobel de la paix 2020 : le combat sans fin du Programme alimentaire mondial de l’ONU

Chloé Maurel, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Le président américain élu Joe Biden a promis, dès l’annonce de son élection, de faire revenir les États-Unis dans l’Accord de Paris sur le climat. C’est un signe positif pour le multilatéralisme, incarné par l’ONU et par ses accords et conventions universelles.

Un autre signe positif pour l’ONU est l’attribution en octobre 2020 du prix Nobel de la paix au Programme alimentaire mondial, agence de l’ONU créée en 1961 afin de lutter contre la faim dans le monde. C’est la 12e fois qu’une agence ou un dirigeant de l’ONU reçoit le prix Nobel, après notamment les Casques bleus en 1988, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 2005, ou encore le Groupe international d’experts sur le climat (GIEC) en 2007.

Prix Nobel de la paix : le Programme alimentaire mondial distingué.

Le PAM apporte chaque année de l’aide alimentaire à près de 100 millions de personnes dans le monde, dans près de 80 pays. En 2019, il a fourni plus de 4 millions de tonnes de produits alimentaires. Son plus important terrain d’action actuellement est le Yémen où, depuis le début de la guerre civile commencée en 2015, la famine menace les deux tiers des 30 millions d’habitants. Le PAM agit actuellement dans 18 pays : outre le Yémen, ses terrains d’intervention majeurs sont aujourd’hui la République démocratique du Congo, le Mozambique, le nord du Nigéria, le Soudan du Sud et la Syrie, c’est-à-dire essentiellement des zones de conflits.

De la création du PAM aux premières actions concrètes

C’est il y a presque soixante ans, le 24 novembre 1961, qu’a été créé le PAM, initialement pour une durée temporaire de trois ans, à l’instigation du président américain, le Républicain Dwight Eisenhower, qui avait prononcé un discours à l’Assemblée générale de l’ONU le 1er septembre 1960, préconisant la mise sur pied d’un « dispositif pour fournir de l’aide alimentaire par le canal de l’ONU ».

 

L’histoire du PAM a été retracée notamment par l’économiste américain John D. Shaw, qui y a servi comme consultant. À l’époque de sa création, il s’agissait de renforcer l’action de la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, agence spécialisée de l’ONU créée en 1945) en répartissant les surplus alimentaires produits par les pays riches auprès des populations démunies des pays du Tiers monde. Depuis 1945, les États-Unis, grands producteurs de céréales, apportaient déjà une telle aide alimentaire de manière bilatérale à plusieurs pays du Sud, ce qui leur permettait d’étendre leur influence sur ces pays, ce qu’on appelle le « soft power ». « Le PAM est né de la volonté du gouvernement américain de soutenir son agriculture nationale en rachetant les surplus agricoles aux États-Unis et en les distribuant dans les pays en voie de développement », explique un fonctionnaire du PAM souhaitant rester anonyme.

Le PAM va effectuer sa première opération d’aide d’urgence à la suite du séisme de Buin Zahra en Iran en septembre 1962, qui laisse les populations iraniennes en détresse. Le PAM leur fournira 1 500 tonnes de blé. Puis, en 1963, il aide 50 000 Nubiens (habitants du sud de l’Égypte) à se réinstaller sur de nouvelles terres et à y faire des récoltes, après l’engloutissement de leurs villages suite à la création du barrage d’Assouan. En novembre 1963, le PAM développe un projet pilote de fourniture de repas scolaires à 5 000 écoliers du Togo.

Des actions d’urgence de grande ampleur

Ayant démontré son utilité, le PAM devient en 1965 un programme permanent de l’ONU. Il va intervenir pour assister les populations lors des grandes famines de la seconde moitié du XXe siècle, comme au Biafra (1967-1970), au Sahel (1968-1972), en Éthiopie (années 1980), en Somalie (1991-1992), etc. En 1973, le PAM apporte une aide d’urgence par avion au Sahel : plus de 30 avions cargos, fournis par 12 pays différents, sont mobilisés pour l’occasion de 1973 à 1976.

En 1980, le PAM aide 370 000 réfugiés cambodgiens à fuir vers la Thaïlande pour échapper aux violences dans leur pays dominé alors par les khmers rouges, et pourvoit à leur alimentation. Tout au long des années 1980, sous la direction de l’Australien James Ingram, le PAM se concentre davantage sur l’assistance aux victimes de désastres naturels et aux personnes déplacées du fait de guerres et conflits internes. Ainsi, en 1983, le PAM livre 2 millions de tonnes d’aide alimentaire aux Éthiopiens, frappés par la pire famine dans le monde depuis un siècle.

En 1989, avec l’opération « Lifeline Sudan », le PAM, aidé par 40 ONG, affrète vingt avions cargo pour lancer des tonnes d’aide alimentaire sur le Sud du Soudan, touché par la guerre civile. C’est la plus grande opération aérienne d’aide alimentaire jamais réalisée. En 1992, le PAM fournit des rations aux centaines de milliers d’ex-Yougoslaves piégés dans leur pays par la guerre civile. Puis, en 1994, le PAM fournira de la nourriture aux réfugiés du génocide rwandais, installés dans les pays voisins du Rwanda. Et en septembre 1998, ce sont des millions de Bangladais qui sont secourus par le PAM suite aux dramatiques inondations qui ont touché le pays.

Les États-Unis à la manœuvre

Le PAM va être au fil du temps dominé – et financé – essentiellement par les États-Unis : depuis 1992, son dirigeant a toujours été un Américain. Cette année-là, c’est la fonctionnaire américaine Républicaine Catherine Bertini, sur la recommandation du président Bush, qui est nommée à la tête du PAM. Première femme à diriger l’institution, elle opère des réformes managériales à l’intérieur du programme, et redéfinit la mission du PAM selon trois axes : 1) sauver des vies lors des crises d’urgence et des situations où il y a des réfugiés (« food for life »), 2) améliorer la nutrition et la qualité de vie dans les situations critiques (« food for growth ») et 3) donner des moyens d’action aux pauvres et les aider à avoir confiance en eux-mêmes (« food for work »). À son poste, elle doit gérer des situations humanitaires sensibles : en 2000, elle est nommée par le Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan envoyée spéciale dans la Corne de l’Afrique, pour prévenir une famine liée à la sécheresse.

En 2002, le PAM entre au Livre Guiness des Records comme la plus grande agence humanitaire mondiale, avec 14 500 employés. Depuis cette date, il développe des partenariats avec des entreprises privées pour accroître ses ressources. En décembre 2004, il lance une opération d’assistance humanitaire massive aux 14 pays, essentiellement asiatiques, victimes du tsunami. En décembre 2010, il aide les 4,5 millions de victimes du tremblement de terre en Haïti. Enfin, depuis 2011, il aide les victimes de la guerre civile en Syrie, et depuis 2014 les 3 millions d’Africains de l’Ouest affectés par l’épidémie d’Ebola.

L’actuel secrétaire exécutif du PAM est depuis 2017 l’ancien gouverneur Républicain de la Caroline du Sud, le juriste David Beasley. Toutefois, sa gestion du personnel du PAM a suscité des critiques.

Un effort pour valoriser les petits paysans et les marchés locaux

En 2020, le besoin de financement du PAM, qui provient essentiellement de contributions volontaires des États membres, est fixé à 10,6 milliards de dollars, en augmentation par rapport à 2019 (8,3 milliards de dollars). Il emploie aujourd’hui environ 12 000 personnes, dont plus de 90 % travaillent directement sur le terrain.

 

Aujourd’hui, le PAM ne se borne pas à fournir de l’aide alimentaire, ce qui laisserait les populations réceptrices dans une situation de passivité : depuis 2008 et le lancement du programme « Purchase for Progress », le PAM achète à des petits paysans leurs produits locaux, puis les distribue aux populations dans le besoin, ce qui permet de protéger les marchés locaux en évitant de les submerger par des produits extérieurs.

Ce dispositif vise à répondre aux critiques visant le PAM, qui font valoir que l’aide alimentaire serait en fait nuisible aux pays pauvres, encourageant la corruption des dirigeants politiques chargés de la répartir, qui monnayeraient cette aide contre des voix aux élections et revendraient les stocks de nourriture au marché noir. Mais les critiques demeurent minoritaires et, au sein d’une ONU souvent dénoncée comme impuissante, le PAM reste considéré comme un programme efficace par l’opinion mondiale.

La crise de la Covid-19 et l’objectif faim zéro

Actuellement, alors que plus de 821 millions de personnes dans le monde souffrent de faim chronique, la situation est en aggravation du fait de la pandémie de Covid-19, et l’objectif faim zéro que l’ONU s’est fíxé pour 2030 semble hors d’atteinte : la pandémie de Covid a eu pour effet de faire baisser drastiquement les dons d’aide alimentaire. Le PAM s’alarme d’une possible « pandémie de la faim », qui s’ajouterait à la pandémie actuelle.

Covid-19 : « Nous sommes au bord d’une pandémie de faim », avertit l’ONU.

Cela montre bien l’imbrication étroite des problèmes sanitaires, alimentaires, et même géopolitiques. C’est pourquoi seule l’ONU, institution universelle, multilatérale, et agissant sur plusieurs domaines (la santé avec l’OMS, la culture et l’éducation avec l’Unesco, l’alimentation et l’agriculture avec la FAO, etc.), peut agir efficacement.

Il est donc nécessaire que les États membres lui fournissent les financements nécessaires et lui donnent les moyens d’agir.The Conversation

Chloé Maurel, SIRICE (Université Paris 1/Paris IV), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Impfung gegen COVID: Wie sieht die Situation aus?

Par Le 15/11/2020

Die Welt hofft.

Gibt es einen Schutz gegen  gegen die Virusinfektion, die zurzeit die Welt bestimmt?

Ein neuer Impfstoff bringt Hoffnung und gleichzeitig stellen sich eine Reihe von Fragen:

Wie funktioniert diese neue Entwicklung?

Welche Folgen entstehen für die Gesundheit?

Ist das Ende dieser Pandemie in Sicht?

https://www.rki.de/DE/Content/InfAZ/N/Neuartiges_Coronavirus/Strategie_Ergaenzung_Covid.html

 

Comment fonctionne le vaccin à ARN de Pfizer ?

Bruno Pitard, Inserm

La nouvelle a fait le tour de la planète en quelques heures, lundi 9 novembre : le laboratoire pharmaceutique Pfizer a annoncé, par voie de communiqué de presse, avoir mis au point un vaccin « efficace à 90 % » pour prévenir la Covid-19.

Actuellement en essai clinique de phase 3, ce vaccin co-développé par la société BioNtech en Allemagne a été testé sur 43 538 patients au cours d’un essai clinique de phase 3 qui a commencé le 27 juillet dernier. Son principe est simple : la moitié des participants à reçu le vaccin (en deux injections, à trois semaines d’intervalle, pour booster leur système immunitaire), l’autre moitié un placebo, puis les responsables de l’essai ont attendu de constater des contaminations afin d’évaluer l’efficacité du vaccin.

Selon Pfizer et BioNtech, 94 cas de COVID-19 ont été détectés parmi les 43 538 participants à l'essai, et la répartition entre les deux groupes indiquerait que le vaccin est efficace à plus de 90% pour prévenir la maladie. L'essai devant se poursuivre jusqu'à ce qu'un total de 164 cas de COVID-19 soient détectés, rien ne dit que l’efficacité impressionnante annoncée ne baissera pas. Par ailleurs, plusieurs questions restent en suspens : ce vaccin protégera-t-il efficacement les personnes âgées, dont le système immunitaire réagit moins à la vaccination ? Aura-t-il des effets secondaires ? Quid de sa sécurité ?

En attendant la publication des données, plusieurs éléments sont déjà connus, notamment en ce qui concerne la nature de ce candidat-vaccin. C’est d’ailleurs une autre première, puisqu’il s’agit d’un vaccin à acide nucléique, une famille de vaccins dont l’utilisation n’a encore jamais été approuvée en santé humaine.

En quoi consistent ces vaccins, et comment fonctionnent-ils ?

Les vaccins à acides nucléiques, une nouvelle approche vaccinale

Pour comprendre en quoi les vaccins à acides nucléiques diffèrent des vaccins classiques, il faut revenir sur le principe de la vaccination préventive. Cette approche consiste à injecter dans l’organisme de faibles doses d’un agent pathogène (virus ou bactérie) ou des fragments d’agent pathogène, pour exposer le système immunitaire et le préparer à contrer les attaques futures.

Tous les vaccins actuels reposent sur ce principe, qu’il s’agisse de vaccins atténués (contenant un agent pathogène vivant dont la virulence a été a amoindrie), de vaccins inactivés (à base d’agents pathogènes entiers tués), de vaccins « sous-unitaires » (basés sur l’emploi de fragments d’agents pathogènes purifiés) ou de vaccins issus du génie génétique (le fragment d’agent infectieux utilisé est produit par des cellules cultivées en laboratoire, et non plus à partir de microbes purifiés).


À lire aussi : Vaccins vivants atténués : pourquoi il ne faut pas renoncer à les utiliser


Dans le cas des vaccins à ADN et ARN, le principe est fondamentalement différents : il s’agit de faire produire les fragments d’agents infectieux capables de stimuler la réponse immunitaire directement par les cellules du patient.

Comment fonctionnent les vaccins à acides nucléiques ?

Si l’ADN, support de l’information génétique, est une molécule qui est aujourd’hui plutôt familière, l’ARN est moins connue.

Chimiquement proche de l’ADN, mais moins stable, L’ARN joue divers rôles dans nos cellules, mais c’est en particulier un intermédiaire indispensable à la production de protéines.

Schématiquement : la fabrication d’une protéine débute dans le noyau de la cellule, où se trouve l’ADN. Dans un premier temps, la portion de la molécule d’ADN correspondant à la protéine à produire est copiée sous forme d’ARN. Cette molécule d’ARN quitte ensuite le noyau : elle passe dans le cytoplasme de la cellule, où elle sera utilisée comme un « guide de montage » de la protéine.

ADN, ARN, gènes, protéines… Quelques rappels de base sur le fonctionnement de notre génome.

Dans le cas des vaccins à ADN ou à ARN, l’idée est d’injecter au patient des molécules d’ADN ou d’ARN correspondant à des protéines de l’agent pathogène contre lequel on souhaite l’immuniser. Ces protéines sont choisies en fonction de leur capacité à provoquer une réponse immunitaire, ou « immunogénicité ». Après injection de l’ADN (ou l’ARN) correspondant, les cellules de l’individu à vacciner fabriqueront elles-mêmes lesdites protéines.

Le candidat-vaccin de Pfizer et BioNtech emploie un ARN messager codant pour la protéine Spike du coronavirus SARS-CoV-2 (prefusion spike glycoprotein - P2 S), la « clé » qui lui sert à entrer dans les cellules qu’il infecte.

Les avantages des vaccins à base d’ADN ou d’ARN

Plus faciles à fabriquer, grâce à une méthode de production standardisée, peu coûteuse, extrêmement bien définis d’un point de vue moléculaire, les vaccins à ADN et ARN ont un potentiel de développement très important et pourraient protéger à la fois contre des maladies infectieuses (vaccins prophylactiques) ou lutter contre des pathologies cancéreuses (vaccins thérapeutiques).

Ils sont aussi mieux maîtrisés que les vaccins « traditionnels », car ils n’utilisent pas de virus entiers comme dans les vaccins issus de virus vivants atténués, inactivés ou recombinants, ni d’adjuvants, mais simplement une molécule d’acides nucléiques (ADN ou ARN).

Comparaison entre un simple brin d'ARN (à gauche) et une double hélice d’ ADN (à droite), avec les correspondances Nucléotides (et bases azotées). Sponk / Wikimedia Commons, CC BY-SA

Les vaccins contenant de l’ADN sous forme de double hélice (une hélice constituée de deux brins) peuvent être stables à température ambiante (cette molécule est si résistante qu’elle permet de dater des objets très anciens tels que des momies), et ne nécessitent donc pas de respecter une quelconque chaîne du froid.

Il n’en va pas de même pour les vaccins basés sur des ARN messagers : leur structure, constituée d’un seul brin, est sensible aux enzymes qui découpent l’ARN (appelées « RNAses »). C’est la raison pour laquelle ces vaccins sont conservés à -70°C, pour éviter toute dégradation enzymatique.

Le vaccin de Pfizer et BioNtech entrant dans cette catégorie, certains observateurs ont souligné le défi logistique que représentera sa distribution.

Comment arriver à bon port ?

Les cellules eucaryotes (celles de tous les êtres vivants exception faite des bactéries et des archébactéries) contiennent un noyau qui renferme leur ADN, molécule support des gènes. Pour fabriquer une protéine, son gène est copié en ARN dans le noyau. L’ARN passe ensuite dans le cytoplasme où il servira de « guide d’assemblage ». Wikimedia Commons/Phil Schatz (adaptation), CC BY

Cette nouvelle méthode de vaccination sera beaucoup plus réactive pour produire des vaccins extrêmement rapidement, ce qui permettra de répondre à des menaces d’infections liés à des nouveaux agents infectieux, ou de proposer de nouvelles méthodes de traitement du cancer. Ces avantages expliquent l’essor des recherches sur ce nouveau type de vaccination ces trente dernières années, et permet d’envisager les vaccins ADN et ARN comme les « vaccins du futur ».

Des difficultés subsistent néanmoins pour assurer complètement l’efficacité des vaccins à acides nucléiques. L’un des obstacles principaux consiste à réussir à amener les molécules d’ADN ou d’ARN au bon endroit de la cellule : dans le noyau pour les premières, et dans le cytoplasme pour les secondes. Il faut pour cela franchir les membranes des cellules, dont l’un des rôles est précisément de servir de barrière aux envahisseurs, et éviter la dégradation par les enzymes cellulaires.

Pour y parvenir, plusieurs solutions sont possibles. On peut utiliser un virus modifié pour servir de « moyen de transport » à l’acide nucléique que l’on souhaite introduire dans les cellules. Une autre approche consiste à fabriquer de toutes pièces une enveloppe artificielle, une sorte de virus synthétique. C’est cette piste qu’on choisi Pfizer et BioNtech, qui ont utilisé des particules nanolipidiques pour transporter l’ARN vaccinal.

Notre équipe a quant à elle mis au point des véhicules un peu particuliers, appelés Nanotaxi®. À base de polymères en forme d’étoile ou de lipides dérivés de sucres naturels, ils peuvent soit franchir directement la membrane en transportant avec eux les ADN ou ARN destinés à la vaccination, soit entrer dans la cellule par les voies employées naturellement par les substances « autorisées » à y pénétrer.

Ces deux modes d’entrée dans la cellule vont jouer un rôle décisif pour l’activation du système immunitaire. Ils vont en effet mettre en alerte le système de surveillance de la cellule, déclenchant la fabrication de molécules impliquées dans la réponse immunitaire. Celles-ci vont contribuer à l’augmentation de l’immunogénicité, et donc à l’efficacité du vaccin à ADN ou ARN.

Vers des vaccins utilisés en santé humaine ?

Les vaccins à acides nucléiques ont déjà fait l’objet de nombreuses études précliniques et cliniques contre des cibles variées, dans le domaine des maladies infectieuses et de l’oncologie. Tous ces essais ont démontré la parfaite tolérance de ce type de vaccins.

Avant la survenue de la pandémie de Covid-19, quatre vaccins à ADN avaient déjà reçu les autorisations réglementaires nécessaires à leur exploitation thez l’animal. Il sont utilisés par exemple pour protéger les saumons d’élevage contre la nécrose hématopoïétique infectieuse et contre une maladie du pancréas, les poulets contre la grippe aviaire, ou pour soigner les chiens atteints d’un mélanome buccal.

Mais ces résultats prometteurs obtenus chez l’animal n’avaient pas encore été reproduits chez l’être humain : l’immunogénicité de ces vaccins restait insuffisante pour conférer aux patients une protection contre les agents pathogènes ciblés. L’autorisation de mise sur le marché semblait encore lointaine.

Les résultats annoncés par Pfizer, s’ils se confirment, pourraient changer la donne, et accélérer les recherches sur les vaccins à acides nucléiques. L’avenir (proche) nous le dira.The Conversation

Bruno Pitard, Directeur de Recherche, CRCINA, Inserm 1232, CNRS 6001, Université de Nantes, Inserm

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Maurice Genevoix raconte 14-18

Par Le 11/11/2020

 

 

 

 


 

 

 

Kriege...haben Folgen.

Par Le 10/11/2020

Der Erste Weltkrieg bestimmte das Jahrhundert. Dieser Krieg entstand aus historischen Gründen, dieser Krieg führte zu neuen Kriegen.

Gegen den Weltkrieg hilft nur internationale Zusammenarbeit.

Die Vereinten Nationen, die UNESCO sind eine direkte Antwort auf die Erfahrungen dieses Krieges.

Krieg hat Folgen für die Menschen, aber es bleiben auch Spuren im Raum, in der Landschaft.

Dieser Artikel beschreibt die Folgen.

 

 

 

 

1920-2020 : cent ans après, les munitions de la Grande Guerre polluent toujours nos sols

Photo prise en 1916 lors d’une attaque de soldats français sortant de leur tranchée pendant la bataille de Verdun. Celle-ci coûta la vie à 163 000 soldats français et 143 000 soldats allemands. AFP

Daniel Hubé, BRGM

« Pour en finir avec l’histoire de cette guerre, il sera pourtant nécessaire d’ajouter un chapitre concernant la manière […] de désobuser. » (Francis Norman Pickett, Mayfair, septembre 1921)

La Première Guerre mondiale (août 1914-novembre 1918 sur le front occidental) marque un tournant décisif dans l’art et la manière de conduire une guerre. Engagées tambour battant selon les canons de la guerre de mouvement, traditionnellement enseignés dans les écoles militaires, la France de Joffre et l’Allemagne de Guillaume II espèrent chacune une victoire rapide. Elles déchantent rapidement et dès l’automne 1914 s’impose la réalité sanglante et insensée de la guerre des tranchées, dispendieuse en vies humaines.

Avec sa massification et sa mécanisation, la guerre franchit alors un seuil d’hyperbrutalité inusitée. Elle devient totale, se jouant sur le front comme à l’arrière, avec des armes, et la mobilisation des usines, des corps et des esprits. La Grande Guerre devient celle d’une invraisemblable grêle métallurgique : environ un milliard d’engins d’artillerie classique et autant d’artillerie de tranchée ont été tirés sur le front occidental causant 70 % à 80 % des pertes et blessures. Pour la première fois aussi on se tue à distance sans se voir. Avec la mécanisation de la guerre désincarnée, le soldat devient l’ouvrier de la destruction.

Au cours du conflit, la violence des moyens de l’artillerie s’est inexorablement exacerbée : le 21 février 1916 au matin, d’abord une vague rumeur qui s’est commuée en fureur ; 1200 pièces d’artillerie allemandes stationnées en Woëvre ouvrent le feu sur les positions françaises avec le « Feu roulant » (« Trommelfeuer ») préfigurant les 300 jours de la « Mère des batailles » : Verdun.

« Sur la Somme, lors du bombardement allié de sept jours qui précéda l’offensive du 1er juillet 1916, 1 500 000 obus furent tirés par les 50 000 artilleurs britanniques à eux seuls soit une moyenne d’une trentaine d’impacts pour 1 000 m2 […]. En 1918, les offensives alliées sur les fronts Ouest et italien furent régulièrement appuyées par 5 à 8 000 pièces d’artillerie. »

Le 11 novembre 1918 à 11 heures, les canons se taisent enfin et laissent place à un silence assourdissant, à des cohortes de soldats médusés, partagés entre une joie captive, et le soulagement voire la culpabilité d’être encore en vie. La Grande Guerre vient de mettre à mal cette confiance aveugle dans la science et le progrès : « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Cette guerre d’un genre nouveau, débutée à cheval et à pied, terminée avec des chars et des avions, s’impose alors comme la violence inaugurale d’un siècle barbare.

Mais un autre défi attend les régions dévastées, les survivants et sinistrés. Dans l’océan de trous et de bosses des anciens champs de bataille, le grand naufrage de la vieille Europe a laissé dans son sillage des monceaux d’épaves de guerre dont les traces sont encore présentes, un siècle plus tard.

D’encombrants stocks de munitions

Au cours des dix dernières années, des recherches archivistiques ont montré qu’environ 1,7 millions de tonnes de munitions en surplus sont restées abandonnées à l’issue de la guerre dans des dépôts, sur le front comme à l’arrière.

Dans la période qui suit, ces stocks ne cessent d’enfler à mesure que s’y ajoutent les projectiles obsolètes découverts sur les champs de bataille à la faveur des travaux de remise en état et aussi progressivement découverts dans des caches. La reprise des labours après la guerre fait remonter d’autres engins que la terre ne veut digérer. Des dépôts de rassemblement sont créés pour accueillir et stocker les engins. Celui de Spincourt en Meuse a renfermé 1,5 million d’obus chimiques et 300 000 obus conventionnels français, allemands et britanniques.

Avec la démobilisation des militaires, ces dépôts sont de moins en moins bien gardés. Exposés aux intempéries et aux cycles diurne/nocturne, les engins rouillent, perdent leurs marques distinctives et deviennent instables. Les munitions chimiques fuient. Inévitablement, des accidents se produisent, semant la stupeur et l’effroi parmi des populations inscrites dans une douloureuse et laborieuse démobilisation des consciences sur fond de reconstruction matérielle, agricole et industrielle.

Un défi colossal au lendemain de la guerre

La neutralisation de cet arsenal hérité de la guerre s’est rapidement imposée comme non seulement une nécessité mais aussi une urgence. Jamais encore dans l’histoire les hommes n’ont eu à éradiquer en si peu de temps des montagnes de projectiles d’une incroyable diversité. Par où alors commencer ? Il a fallu prioriser les actions et hiérarchiser les degrés d’urgence d’intervention. Ce sont d’abord les armées encore mobilisées, françaises, américaines, qui s’y attellent en 1919 en détruisant les munitions par éclatement en tas et à distance (« pétardement »). Les grenades sont éclatées dans des trous d’obus remplis d’eau. Les troupes noires américaines sont mobilisées, ainsi que les travailleurs indochinois (« annamites ») et prisonniers de guerre, pour la sale besogne.

Un changement radical s’opère en 1920 avec la démobilisation et la prise de conscience qu’on ne peut abandonner les matières constitutives des munitions, si chères à produire en temps de guerre. Avec la passation de contrats par le ministère de la Guerre et le ministère des Régions libérées vers des entreprises privées, la destruction des engins en excès, obsolètes et hors de service s’industrialise et se taylorise.

Des méthodes de destruction, de démolition, de démontage, de déchargement spécifiques à chaque type d’engins sont développées pour récupérer selon une approche tayloriste, toutes les matières constitutives des engins valorisables pour les réinjecter dans le circuit économique, qui en manque tant en ces temps de reconstruction. Les matériaux, fer, laiton, nitrates, etc. sont cédés par l’État aux entreprises moyennant une redevance versée à la tonne récupérée. Il s’agit d’une des toutes premières opérations de recyclage à grande échelle : « faire des épées d’antan des socs de charrue » (Pickett, 1921).

Équipe posant dans un atelier de dévissage/désamorçage d’obus de l’usine D-Factory de Pickett & Fils à Trélon (Nord). Au centre, Georgina Rouget, décédée accidentellement en septembre 1923 suite à une explosion. Don de son petit fils, Joël Danloux

3 millions de tonnes de projectiles détruits

Le père fondateur des méthodes modernes de neutralisation des engins dangereux est un personnage rocambolesque, l’officier-ingénieur russe Kostevitch, tour à tour espion pour le compte des Britanniques et des Allemands. Brillant, il intègre le personnel de la plus grande entreprise de démolition de munitions en France et en Belgique : F.N. Pickett & Fils avec à sa tête l’ingénieur britannique Françis Norman Pickett, passionné de bergers allemands, de golf et courses automobiles. Il rachète puis démolit sur le sol français environ 350 000 tonnes de munitions essentiellement britanniques dans 14 usines employant plus de 4 000 personnes.

Les obus sont désamorcés, les détonateurs sont grillés dans des fours, les douilles vidées de leur poudre et les obus explosifs vidés de leur chargement par fusion à l’eau chaude. Les obus chimiques sont vidangés et le contenu neutralisé ou infiltré dans le sol. Tout comme les explosifs, ils sont brûlés à même le sol dans des tranchées de brûlage au design standardisé. Les engins pour lesquels les risques de démontage sont trop grands au regard des bénéfices à en tirer sont rassemblés pour être envoyés en mer du Nord.

Dans cette entreprise à la direction britannique, sous contrôle militaire français, travaillent des ouvriers émigrés russes, tchèques, polonais, portugais, espagnols, maghrébins, les accidents souvent mortels sont monnaie courante, car passer des consignes de sécurités en langue étrangère est une gageure.

D’autres entreprises emboîtent le pas de F.N. Pickett & Fils ou s’en inspirent a priori, comme Clere & Schwander à Spincourt, Bouxin, Aigret & Sauron, Berge. Pickett cesse ses activités officiellement en France et en Belgique vers 1925. On le retrouve pourtant en 1928 en Meuse, loin de ses terres, sur la « Place à gaz ».

D’autres emboîtent le pas dans l’entre-deux-guerres et même durant la Seconde Guerre mondiale, comme Berge et Savot & Frères. De récentes recherches estiment à 2,5 à 3 millions de tonnes de munitions anciennes ont été détruites dans l’entre-deux-guerres.

Cent ans après, des sols toujours pollués

Les conséquences de ces opérations sont d’abord humaines. En Meuse, en date de 1929, 127 récupérateurs et artificiers ont été tués dans leurs périlleuses missions et 294 ont été blessés. Les chiffres nationaux ne sont pas encore consolidés.

Elles nous ont également légué de sévères pollutions des sols et des eaux. Sur certaines aires de brûlage, voilà 100 ans que pas un brin d’herbe ne pousse. Les pollutions des sols sont particulièrement spectaculaires sur les aires de brûlage d’obus chimiques des usines de F.N. Pickett & fils en forêt de Spincourt (site de la « Place à gaz », Meuse, vers 1928) et de la « D-Factory » de Trélon (Nord, vers 1921–1925).

La caractérisation de ces pollutions polymorphes et extrêmes s’avère délicate et complexe du fait de la combinaison de risques chimiques en lien avec la toxicité des composés présents (comme l’arsenic, les toxiques de guerre et les dioxines) et de risques pyrotechniques du fait de la forte probabilité d’y côtoyer des engins de guerre. Le travail sur le terrain (mesures, échantillonnage) s’effectue en combinaison étanche et sous assistance respiratoire, en présence de professionnels du déminage.

Les enjeux intrinsèques à ces sites sont d’abord sanitaires. Des techniques de mesure, d’échantillonnage et d’analyse spécifiques ont été développées pour évaluer les risques pour la santé et l’environnement associé à ces sites en concertation avec des experts en toxicologie. S’y associent des enjeux sociopolitiques. Ces sites ont été oubliés de la mémoire collective. La brutale irruption du passé dans le présent par la découverte fortuite de ces pollutions conduit à des situations de crise, comme en 2015 à Spincourt.

Les travaux de recherche archivistiques entrepris depuis 2015 par le BRGM visent précisément à restaurer cette mémoire et gérer l’aménagement du territoire en connaissance de cause. Enfin, lorsque les risques sont jugés inacceptables, comme pour la Place à gaz, des mesures de dépollution et de maîtrise des risques sont mises en œuvre (excavation et recouvrement des matériaux les plus hautement pollués).

Depuis 2011, d’autres questions émergent après la découverte d’ions perchlorate dans l’eau du robinet le long ou à proximité des lignes de front de 14-18. Simple coïncidence ou relations de cause à effet ? Un faisceau d’informations tend à prouver que les sites de destruction d’engins de guerre contribuent aux zones de pollutions concentrées alors que sur le front des fragments d’explosifs et/ou engins épars peuvent possiblement affecter les eaux de façon plus diffuse. Des travaux de recherche originaux, notamment isotopiques, sont en cours au BRGM pour faire la lumière sur les liens entre la Grande Guerre et dégradation de la qualité des eaux.

Cent ans plus tard, la recherche sur les liens entre Grande Guerre et environnement ne fait que commencer et comme l’a écrit K.H. Lohs en 1991 : « La guerre ne s’est pas terminée le jour du dernier tir. »


Pour aller plus loin, nous vous invitons également à consulter le site de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale :
• La destruction des munitions chimiques après 1918 : l’exemple de Spincourt
• Le défi du désobusage industriel après la Grande guerre
• Perchlorates : éléments historiques et d’expertise pour une évaluation de l’impact environnemental.
The Conversation

Daniel Hubé, Ingénieur environnementaliste, BRGM

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Wettbewerb!

Par Le 04/11/2020

Edgar MORIN: Erziehung zum Frieden ist notwendig.

Par Le 27/10/2020


Erziehung zum Frieden ist notwendig.


Der Philosoph und Soziologe Edgar MORIN analysiert in einem Beitrag in der Tageszeitung Le Monde Aufgabe ud Bedeutung  von Erziehung und Schule in der heutigen Zeit. Er führt an, dass eine Erziehung zum Frieden notwendig  sei, um gegen den Wunsch nach Krieg anzukämpfen. Die UNESCO will seit ihrer Gründung eine Erziehung zum Frieden fördern, Fantismus aber kann zu allen Zeiten entstehen, deshalb gilt es gegen einen Wunsch nach Krieg und Gewalt, gegen Fanatismus vorzugehen.
Erziehung zum Frieden bedeutet darum Erziehung gegen Gewalt, Fanatismus und Diktatur. 

 

" La première déclaration de l’Unesco à sa fondation avait indiqué que la guerre se trouve d’abord dans l’esprit, et l’Unesco a voulu promouvoir une éducation pour la paix. Mais en fait, il ne peut être que banal d’enseigner que paix vaut mieux que guerre, ce qui est évident dans les temps paisibles. Le problème se pose quand l’esprit de guerre submerge les mentalités. Eduquer à la paix signifie donc lutter pour résister à l’esprit de guerre. "

 

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Er führt an, dass verschiedene Formen des Fanatismus, seien sie regligieuser, nationalistischer oder ideologischer Natur,  letztendlich eine gleiche mentale Struktur aufzeigen würden. 
Und in der Tat, man muss feststellen,  dass alle diese Formen des Fanatismus  sich in der Ablehnung der Menschenrechte und des Rechtsstaates und der parmamentarischen Demokratie gleichen.

 

" Cela dit, en temps même de paix peut se développer une forme extrême de l’esprit de guerre, qui est le fanatisme. Celui-ci porte en lui la certitude de vérité absolue, la conviction d’agir pour la plus juste cause et la volonté de détruire comme ennemis ceux qui s’opposent à lui ainsi que ceux qui font partie d’une communauté jugée perverse ou néfaste, voire les incrédules (réputés impies).


Une structure mentale commune


Nous avons pu constater dans l’histoire des sociétés humaines de multiples irruptions et manifestations de fanatisme religieux, nationaliste, idéologique. Ma propre vie a pu faire l’expérience des fanatismes nazis et des fanatismes staliniens. Nous pouvons nous souvenir des fanatismes maoïstes et de ceux des petits groupes qui, dans nos pays européens, en pleine paix, ont perpétré des attentats visant non seulement des personnes jugées responsables des maux de la société, mais aussi indistinctement des civils : fraction armée rouge de la « bande à Baader » en Allemagne, brigades noires et brigades rouges en Italie, indépendantistes basques en Espagne. " (...)

 

Am Ende beschreibt MORIN die aktuelle Entwicklung unserer Zeit, in der Unsicherheit und weltweite Probleme und Krisen Menschen Angst machen. 
Diese heimliche Angst würde dazu führen, dass sich Menschen in ethnische und nationale und auch religieuse Identitäten zurückziehen würden.

 

" Avoir foi en l’amour et la fraternité
D’autre part, nous sommes entrés dans des temps d’incertitude et de précarité, dus non seulement à la crise économique, mais à notre crise de civilisation et à la crise planétaire où l’humanité est menacée d’énormes périls. L’incertitude sécrète l’angoisse et alors l’esprit cherche la sécurité psychique, soit en se refermant sur son identité ethnique ou nationale, puisque le péril est censé venir de l’extérieur, soit sur une promesse de salut qu’apporte la foi religieuse. "


Aber MORIN ist der Meinung, dass wir daran denken können, dass alle Menschen Bürger unseres Heimatplaneten, unseres Weltstaates ERDE sind.


"C’est ici qu’un humanisme régénéré pourrait apporter la prise de conscience de la communauté de destin qui unit en fait tous les humains, le sentiment d’appartenance à notre patrie terrestre, le sentiment d’appartenance à l’aventure extraordinaire et incertaine de l’humanité, avec ses chances et ses périls. "


Er schreibt,  dass wir alle als Menschheit  deshalb an unserer gemeinsamen Reise in  Zeit und Raum teilnehmen und darum alle Chancen und Probleme teilen.


Diese Unsicherheit des Individuums in der modernen Welt ist also ein Problem und eine Aufgabe für Schule und Bildung.
Erziehung zum Frieden und Bildung gegen Fanatismus ist damit wichtig.
Gegen Fanatismus hilft nur Aufklärung und gegen Gewalt brauchen wir die Zusammenarbeit der freien Bürger, die die gemeinsamen Ziele der parlamentarischen Demokratie verfolgen.
Demokratie muss jeden Tag erarbeitet werden, denn sonst entstehen Dikatur und Fanatismus...automatisch.

 

 

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Quellen:


Edgar Morin : « Eduquer à la paix pour résister à l’esprit de guerre »
Le Monde.fr: Publié le 05 février 2016 à 20h24 - Mis à jour le 09 février 2016 à 16h04 


Bildnachweis: David.Monniaux, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

https://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/07/peut-on-prevenir-la-formation-du-fanatisme_4860871_3232.html

 

Pour aller plus loin:


Edgar MORIN: "Les sept savoirs nécessaires."
https://www.cairn.info/revue-du-mauss-2006-2-page-59.htm


Edgar MORIN: "Les Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur."
https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000117740_fre

 

 

Les sept savoirs necesssaires 117740freoles-sept-savoirs-necesssaires-117740freo.pdf (5.58 Mo)

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